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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 17:30

Ici l'ambassadeur Albert Kisonga me rejoint pour denoncer la Tutsification du pouvoir dans la Region des Grands Lacs !

Le Congo à la croisée des chemins (Une réflexion de Mr Albert Kisonga)

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  • Kadari Mwene-Kabyana

    Message 1 of 59 , Aug 27, 2004

Chers tous,

Je me permets de m'inviter, une fois de plus, au débat en cours relatif à la très préoccupante situation de notre pays actuellement.

Fondamentalement, les Congolais ne doivent à aucun moment perdre de vue que les événements en cours dans la région depuis 1990 sont le fait de la volonté de pouvoir et de domination du TIP (tutsi international power) qui ambitionne non seulement de consolider son hégémonie dans les Grands lacs mais espère, concernant spécifiquement le Congo, parvenir à s'approprier le Kivu et en même temps contrôler le pouvoir à Kinshasa de manière à rendre irréversible l'occupation du Kivu.

Le même groupe, qui a été forcé par les armes à consentir des concessions aux Hutu au Burundi, déploie actuellement des manoeuvres, sous la pression de ses éléments les plus extrémistes, pour tenter de récupérer le terrain perdu.

Tout le reste découle de cette stratégie. Nous devons certes nous incliner devant les massacres inommables de Katumba et saluer l'émouvante déclaration du Président Thabo Mbeki, un allié tradionnel du Rwanda. En même temps, nous Congolais pouvons légitimément nous demander la raison du silence observé par le Chef de l'Etat sudafricain sur les millions des victimes congolaises, dont des femmes enterrées vivantes.

C'est pourquoi nous avons un devoir patriotique de mettre en garde, à titre d'exemple, contre certains articles dans la presse kinoise notamment qui tendent à suggérer que les Congolais ont tort d'invoquer leurs quatre millions de morts du fait de la guerre d'agression menée contre leur pays par le Rwanda au moment où le Président sudafricain s'est fortement ému du massacre de Katumba.

Il faut admettre que la conscience nationale congolaise n'a pas la même force dans tous les segments de la population congolaise. Même dans des vieux pays européens, on a vu, par exemple en France, qu'une bonne partie de l'opinion avait été favorablle à l'occupation allemande, c'est à dire à l'esclavage. Au demeurant, les tribus congolaises n'ont pas la même expérience historique, étant entendu que la conscience d'un groupe humain est le résultat de ses expériences historiques. Il y a des segments de la population congolaise qui n'ont jamais eu à défendre leur liberté, en tout cas pas de la même manière que les Kivutiens que le hasard de l'histoire a mis sur une voie de conquéte des Tutsi, même s'il y en a de plus en plus qui n'approuvent plus l'aventurisme militaire de Kagame et consorts . Si, 8 ans après que le TIP ait déclenché l'invasion militaire du Congo, nous sommes encore un peuple libre, c'est essentiellement grâce à la résistance du Kivu.

De la même façon, nous Congolais devons faire attention au discours de certains compatriotes pseudo-intellectuels très présents sur le Net, qui ont accepté soit par intérêt financier soit tout simplement pour chercher à se mettre en valeur, d'épouser les thèses rwandaises. Ce n'est pas un hasard si ces gens vivent dans des pays occidentaux, bien à l'abri des problèmes que rencontre notre peuple. D'ailleurs, pour la petite histoire, nos ennemis choisissent bien souvent parmi les "Ibichuchu" (idiots en kinyarwanda, terme par lequel ils désignent les Hutu et maintenant les Congolais) des gens serviles pour exprimer leur point de vue. Souvent ils choisissent un homme aux grosses lèvres, bien représentatif du type bantu, pour brocarder ses frères, pendant qu'ils rient sous cape. Il n'est pas nécessaire d'un dessin pour identifier les Congolais qui se sont fait instrumentaliser par l'ennemi. Ceux qui ont lu notamment le livre de Boniface Kiraranganya (La vérité sur le Burundi) se rappellent de la scène décrite par l'auteur. Kiraranganya est un ancien compagnon de feu le Prince Louis Rwagasore, qui fut assassiné par ses frères tutsi parce qu'il avait préconisé la fraternisation de deux ethnies.

Ceux qui me lisent savent que j'ai soutenu l'octroi de la nationalité aux Banyamulenge depuis au moins1997. A l'époque j'avais écrit que la question avait été réglée par la guerre, puisque des hommes comme Bizima Karaha avaient occupé de hautes fonctions d'Etat dans notre pays.Avant 1957, j'avais défendu l'idée d'accorder la nationalité aux réfugiés nés sur le sol congolais, en m'inspirant de la tradition américaine. Mais les Banyamulenge en question eurent le tort d'accepter la continuation de leur instumentalisation par le Rwanda, ce qui a de nouveau remis le problème sur le tapis. En tout état de cause, on ne conçoit pas qu'il y ait, au sein d'une Nation, des citoyens qui soient loyaux à un Etat étranger contre l'Etat auquel ils prétendent appartenir. L'exemple des Juifs est cité à tort. Si Israël était en guerre contre l'Angleterre ou tout autre pays, ce dernier n'accepterait pas que ses citoyens juifs expriment leur loyauté vis à vis d'Israël.

A ce sujet, je me réjouis qu'une partie des banyamulenge, dont Patrick Masunzu, aient clairement compris qu'ils devaient donner des gages à leurs compatriotes sur leur volonté de s'intégrer au sein de la Nation congolaise. Je regrette que Kinshasa, plus que jamais englué dans des questions de corruption, ait été incapable de concevoir une politique claire pour inciter la majorité des Banyamulenge à comprendre que s'ils veulent vivre au Congo, ils doivent cesser de se considérer rwandais et encore moins de servir de pion aux intérêts du TIP.

Je m'adresse en particulier aux historiens congolais qui, pendant que les intellectuels de notre pays discutent du sexe des anges, laissent passer des affirmations comme celle faite par Azarias Ruberwa et largement reprise par une certaine presse de Kinshasa, selon laquelle "les Tutsi étaient à Minembwe en 1885 selon des documents existant à Tervuren". Rien n'est plus faux. Mais nos voisins, dont le recours facile au mensonge est un art consommé, savent que des gens naïfs comme il y en a au Congo, ne demandent qu'à croire. Il n'existe pas de document colonial qui atteste ce que dit Ruberwa parce qu'il ment. Avant 1976, les Banyamulenge étaient des réfugiés rwandais qui s'étaient tenus bien à l'écart des problèmes congolais.

Je les ai personnellement connus pendant la rébellion (1964-1966) au cours de laquelle le Cnl (conseil national de libération) avait conclu des accords avec l'Unar (union nationale rwandaise) au terme desquels des ééléments tutsi rwandais avaient combattu dans nos rangs, avec la promesse que, en cas de victoire, nous allions leur rendre l'ascenceur en leur facilitant de reprendre le pouvoir au Rwanda. Les Banyamulenge, qui étaient plutôt des réfugiés économiques, s'étaient bien gardés de se mêler des problèmes politiques. D'ailleurs, l'eussent-ils voulu que la chose ne leur aurait pas été facile du fait que la l'ONU-Congo les avait expressément mis en garde contre toute implication dans les problèmes congolais.

C'est en 1976, sous le règne de Barthélémy Bisengimana, qu'un certain Gisaro, parlementaire du MPR, utilisa pour la première fois le terme "Banyamulenge" pour désigner les réfugiés rwandais du Sud-Kivu et réclamer, en même temps que les autres réfugiés rwandais, l'attribution collective de la nationalité zaïroise après que la décision du Président Mobutu prise en 1972 dans ce sens, ait soulevé les protestations des autochtones. Je suis d'avis qu'il faille leur accorder la nationalité, mais cette décision ne doit pas se faire ni dans le mensonge ni sous la menace des armes.

Autrement, il faudra penser que la nationalité congolaise ne les intéresse pas (ils avaient déchiré leurs cartes d'identité congolaise en regagnant le Rwanda en 1994) mais servent plutôt de cheval de troie pour la réalisation des ambitions de conquête du TIP.

En parlant des Banyamulenge, on ne peut que, en même temps, évoquer le problème de ceux qu'on appelle maintenant de façon courante "les Rwandophones" du Nord-Kivu. Dans cette partie du pays, il faut faire la distinction entre les ressortissants de Rutshuru, qui sont des Congolais authentiques dont la participation à l'histoire de notre pays, notamment les guerres contre l'Allemagne et l'italie pendant les deux guerres mondiales et la lutte pour l'indépendance, a toujours été significative. A 98%, les ressortissants de Rutshuru sont des Hutu, mais il existe aussi des Tutsi (14 familles en 1960) dans le Bwisha. Au Masisi, c'est le colonisateur qui avait importé la main d'oeuvre rwandaise. Sous Mobutu, les réfugiés Rwandais rachétèrent, avec un crédit du gouvernement canadien qui ne bénéficia pas à un seul Congolais authentique, les terres à leurs propriétaires Hunde pour une bouchée de pain. En même temps, ils avaient favorisé l'importation clandestine de la main d'oeuvre hutu du Rwanda, de sorte qu'ils étaient parvenus à récréer au Masisi la situation qui avait prévalu au Rwanda avant la révolution : des riches propriétaires tutsi avec une main d'oeuvre hutu taillable et corvéable à souhait. D'ailleurs, ils avaient surnommé le Masisi "le nouveau Rwanda".

Naturellement, avec des services tribalisés et versés dans la corruption, Mobutu n'avait rien vu venir. Malheureusement, on n'est pas mieux dirigé aujourd'hui, si non pire.

Si le Congo était bien gouverné, Kinshasa aurait dû avoir une stratégie pour empêcher que ces populations, et d'abord les originaires de Rutshuru, ne succombent pas à la propagande de Kigali. Malheureusement, à l'heure qu'il est, après que certains irresponsables comme Léonard Kambere aient tenu pendant des années des discours vexatoires contre les Benabwisha, une bonne partie des élites de cette région travaille maintenant pour la sécession en faveur du Rwanda. Il y a 20.000 hommes armés et entraînés par le Rwanda, une armée constituée de Hutu congolais et de quelques tutsi comme Kundabatware qui, sur un signal de Kigali, est prête à ensanglanter le Kivu. Eugène Serufuli, le gouverneur du Nord-Kivu nommé par le RCD, est aujourd'hui un des principaux pions de Kagame au Nord Kivu.

Pour terminer, je ne puis passer sous silence une dépêche que je viens de lire sur le Net concernant la décision prise par une réunion des ministres des affaires étrangères du rwanda, du congo et de l'Ouganda, qui vient de se tenir à Kampala et qui a décidé de mener une lutte commune contre les rébelles rwandais et ougandais au Kivu. Concernant le Congo, il convient que nos dirigeants s'abstiennent de s'engager trop vite dans cette question. De nombreux témoignages existent qui attestent que c'est Kagame qui entretient les Interhamwe au Kivu. Tant que le Congo ne pourra pas mettre très fermement cette question sur la table des négociations, il cuationnera l'aventurisme du TIP.

Enfin, je ne puis vous quitter ce soirr sans exhorter mes compatriotes à cesser de s'injurier sur le Net. S'il est vrai que certains discours énervent, il y a lieu cependant de garder son calme et la courtoisie pour y répondre. N'oublions pas que le Net est accessible au monde entier. N'apportons donc pas de l'eau au moulin du TIP qui s'évertue à convaincre les Occidenaux que nous sommes un peuple inférieur incapable de se gouverner.

Patriotiquement vôtre,

Albert Kisonga

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