Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 mai 2016 6 21 /05 /mai /2016 21:01

Je suis tout à fait d’accord avec l’Ambassadeur Kisonga sur certains points, mais qu’il me permette d’abuser le paradoxe sur d’autres points

Je suis tout à fait d’accord avec l’Ambassadeur Kisonga sur les deux points suivants :

1. Tout le monde voit bien le rôle des "Pasteurs" dans l'abrutissement des populations, rôle soutenu par les pouvoirs successifs. En effet, il est clair que ces "Pasteurs" ont pour rôle de maintenir les consciences dans l'obscurantisme, mais quel est le leader qui ose les dénoncer? Il suffit de regarder l'histoire de Haïti, un pays dont les élites ont joué un rôle apprécié dans l'enseignement au Canada, voire dans certaines parties des Etats Unis. Après le tremblement de terre, les habitants se ruent dans les églises implorant Jésus. En Thaïlande, en Indonésie, au Japon et même actuellement en Equateur, les gens se jettent à corps perdu dans les travaux de reconstruction.

2. Au lieu de se refugier dans églises du réveil, nous devons plutôt nous inspirer de l'exemple chinois de la campagne des "Cents fleurs" pendant laquelle Mao avait fait construire des fours artisanaux dans les villages pour transformer les minerais. On a beau dire que cette campagne fut un échec, mais je suis convaincu que c'est elle qui a préparé l'industrialisation réussie d'aujourd'hui. Concernant le Congo, je pense que l'exploitation, souvent artisanale des minerais jusqu'à ce jour, pourrait se professionnaliser si la puissance publique avait la volonté de la développer. C'est tout un programme qui devrait s'accompagner de l'installation, sur le même site, des écoles professionnelles pour former des motoristes, des tourneurs, des tauliers etc.. de manière telle que le minerai sorti des fournaux puisse connaître ne fût-ce qu'une première transformation sur place, spécialement dans des objets d'utilisation courante. C'est de cette façon que les technologies passent dans la masse, pour être définitivement intégrées. Déjà, c'est au Rwanda que toute la production minière et agricole est amenée.

Néamoins, que l’ambassadeur me permette d’abuser le paradoxe sur les points suivants :

1. Vous êtes un témoin privilégié de du déroulement de l’histoire moderne du Congo et vous connaissez chacun et chacune de ses acteurs. Mais votre « Congo-pessimisme » rend un mauvais service à la jeunesse ! Sur la faiblesse du sentiment de l'intérêt général : Moi qui vous écris traverse des moments difficiles dans mon propre pays (je me sens parfois humilié) en dépit de mon expertise et de mes expériences accumulées à l’étranger et dans la lutte. J’ai répondu à l’invitation du gouvernement lancée aux Congolais de revenir réconstruire ensemble leur pays. Arrivé sur place, je me rends compte que c’est difficile de changer les mentalités d’un coup ! Mais ma conscience ne va jamais émigrer de la tête vers le bas ! Je vous le jure ! La différence entre vous et moi c’est que vous avez perdu toute confiance en l’homme Congolais (peut-être sur base des expériences personnelles qui vous ont rendu aigri ! Je dis peut- être !) mais moi je ne l’ai pas perdu. Je crois fermement que la conscience de l’homme Congolais, disons tout court la conscience Congolaise n’est pas tout à fait abrutie ! “L’Afrique écrira sa propre histoire … ” (Patrice Lumumba). En scrutant son histoire, il ne manque pas des modèles à l’homme Congolais (Kimpa Vita, Simon Kimbangu, Patrice Lumumba, Mzee Kabila). Mon travail c’est de contribuer à ce que l’homme Congolais s’identifie à ces modèles pour qu’ à son tour, il puisse défendre l'intérêt général dans tout ce qu’il est et dans tout ce qu’il fait !

2. La libération de l’homme Africain passe aussi par la déterration de son histoire, y puiser l’inspiration pour orienter son destin. Vous avez toujours l’habitude d’évoquer la primitivité des outils de production et des méthodes culturales ancestrales qu'elles induisent. En plus, selon vous, l'histoire a amené dans notre espace un modèle de gouvernance conçue à l'étranger, en avance certainement de plusieurs milliers d'années sur notre niveau d'évolution naturelle. Vous êtes justement entrain d’inoculer le complexe d’infériorité dans l’esprit des jeunes en minimisant toutes les réalisations de l’homme noir avant le 15ème siècle et après !

En fait, G. Lanning et M. Mueller soutiennent que, dans le premier siècle de contact avec l'Europe, l'Afrique a défendu ses ressources contre le pillage des étrangers, et l’exploitation / extraction des ressources minérales du continent africain a accéléré son développement. Jusqu'à la fin du 19ème siècle, les rapports de force entre l'Europe et l'Afrique, ainsi que la structure des échanges commerciaux ont subi de grands changements. Cinquante ans après la découverte des diamants de Kimberley, la situation avait déjà changé. Les sociétés minières occidentales ont maltraité les populations africaines usant d'une combinaison de violence, de ruse et de tromperie, en même temps, elles ont miné et subverti la résistance des dirigeants africains contre l'exploitation étrangère des ressources minérales africaines dans son stade initial. En raison de l'exploitation de haute intensité de sociétés minières des ressources minérales africaines, les disparités de richesse et de puissance entre l'Europe et l'Afrique ont continué et augmenté, et ont abouti à la mise en place de la traite des esclaves. (G. Lanning and M. Mueller. Africa Undermined: A History of the Mining Companies and the Underdevelopment of Africa, Harmondsworth, England: Penguin. 1979, p.99).

Paraphrasant G. Lanning and M. Mueller, j’affirme sans peur de me contredire que toute la structure de la civilisation contemporaine dans le monde industriel dépend des minerais, surtout les minerais Congolais. Sans ces minerais, pas de gratte-ciels, pas de voitures, pas de bateaux, pas d'avions, pas d'ordinateurs, pas de systèmes de chauffage, pas de climatisation, pas de systèmes ou de mécanismes d'eau potable et aucun mécanisme de traitement des eaux usées qui sont des choses que les sociétés industrielles tiennent pour acquis.

Au lieu de nous laisser exploiter par l’Occident comme Jacques Chirac le confirme d’ailleurs dans cette video : “L'argent qui est dans nos orte-monaies, vient de l'exploitation de l'Afrique”, dixit Jacques Chirac !
Partager ce video S.V.P.
Veuillez cliquer ici:
https://www.facebook.com/601386846601615/videos/793508080722823/

nous devons plutôt appliquer vos idées suivantes : Concernant le Congo, je pense que l'exploitation, souvent artisanale des minerais jusqu'à ce jour, pourrait se professionnaliser si la puissance publique avait la volonté de la développer. C'est tout un programme qui devrait s'accompagner de l'installation, sur le même site, des écoles professionnelles pour former des motoristes, des tourneurs, des tauliers etc.. de manière telle que le minerai sorti des fournaux puisse connaître ne fût-ce qu'une première transformation sur place, spécialement dans des objets d'utilisation courante. C'est de cette façon que les technologies passent dans la masse, pour être définitivement intégrées.

A Papa Albert Luthuli, je dirais, s’il faut scientifiquement examiner la bible, elle dit que les Egyptiens (et donc les noirs Africains) ont conquis tout le Moyen Orient ! C’est pourquoi les Israéliens se sont trouves esclaves en Egypte ! C’est pourquoi l’Egypte est la bête noire dans la bible !
Vous évoquez la traction animale ! La bible dit qu’ à la suite de la fuite des Israéliens, les Égyptiens les poursuivirent ; et tous les chevaux, les chars de Pharaon, ses cavaliers et son armée, les atteignirent…

Je suis Mongo/Bongando/Tetela… Mongo avait sept enfants. Comment ces enfants se sont-ils répandus de l’Equateur jusqu'au Maniema (Bakutsu) et jusqu'au Nord Kivu sans vouloir conquérir ces terrains ? Ils resteraient confinés à l’Equateur n’est ce pas ? Les découvertes archéologiques montrent que dans l'ancien Congo, le traitement de fer et de la coulée de cuivre était déjà connu (correspondant à l'Europe médiévale). Les porcs, les moutons, les chèvres, les volailles ont été domestiqués. le millet, le sorgho, les pois, les courges, les ignames ont été cultivées, ainsi que des plantations de bananes plantains ont été créés, mettant en évidence de très anciennes pratiques professionnelles agricoles (Czeslaw Jesman, “Background to Events in the Congo,” African Affairs, Vol. 58, 2 March 1961, p.388).

La RDC dispose d’une immense expertise dans le chef des Congolais sur tous les domaines et a travers le monde (les ingénieurs Congolais dans le secteur minier Sud Africain, les médecins aussi). Il suffit seulement que nous soyons organises pour que cette expertise profite au pays. C’est pourquoi je suis revenu ici par pure amour pour le Congo !

Le Carnet de Colette Braeckman
Quand des médecins congolais aident au développement de la Guyane française
http://blog.lesoir.be/colette-braeckman/2016/05/07/quand-des-medecins-congolais-aident-au-developpement-de-la-guyane-francaise/

Nous devons aussi apprendre des autres (surtout les nouvelles technologies) de la Chine, du Japon, de l’Occident et CONGOLISER ce que nous avions appris à l’instar du Japon et de la Chine, en d'autres termes, e peuple Congolais acteur et bénéficiaire de son projet de développement.

Pour terminer, vous nous proposez des Rwandais comme modèles de bonne gestions alors que nous savons bien que Bisengimana alors directeur de cabinet de Mobutu a rwandanisé les choses, que nommés ministres, ils se masturbent aux bureaux et cette proposition pourrait tourner le couteau dans la plaie car nous n'oublierons jamais ce que les Rwandais avec leur culture de la machette viennent de faire pendant les derniers 20 ans dans ce pays !

En plus, si nous remontons à l’époque du Zaire où régnaient Mobutu et son clan des métis, en tout cas, ces derniers n’ont pas construit au Zaire. Ils ont construit aux pays de leurs pères ou leurs mères en Occident, y compris de belles villas. La logique était simple : piller au Zaire pou aller construire ailleurs !

Mzee Kabila avait raison de dire : “Vous êtes tellement occidentalisés que même lorsque le fameux Zaire s’êcroulait, vous ne vous rendiez même pas compte! Vous croyiez que tout allait bien ! ”

Dr. Lokongo
_______________________________________________________________________________________________
_______________________________________________________________________________________________

LA RECOLONISATION PAR LES BLANCS
J'ai pris le temps nécessaire pour suivre toute l'agitation survenue sur la toile à la suite d'un commentaire que j'avais publié sur les propos de M. Trump.
Un de mes détracteurs, M. Diangitukwa, professeur d'université, me pose directement la question de répondre de mon état mental. Je suis abasourdi. S'il n'était pas professeur, j'aurais pu penser qu'il a une mauvaise compréhension du français. Mais depuis que j'ai découvert M. le professeur sur le Net, je le connais mieux. J'y reviendrai.
Parmi mes autres détracteurs, il y a M. Mukanya qui estime que je suis coutumier des constructions bancales et revient sur ma haine supposée des Lubakas. Le seul fait de nommer tel son groupe ethnique résulterait de cette haine. Je note que les Lubakat, pour ce qui les concerne, n'ont jamais refusé d'être ainsi nommés. Enfin, si la chose était possible, ce Monsieur pourrait beaucoup m'aider en indiquant dans mon texte le passage où j'aurais parlé des Lubakas.
Par ailleurs, le niveau intellectuel élevé du débat lyrique entre MM. Nzita et Lokongo sur les origines du christianisme m'a beaucoup impressionné, tout comme je me suis régalé du texte sophiste de M. Mastaki. Quoi qu'il en soit, pour tenter de mieux faire comprendre ma pensée, je me permets d'essayer, sur un espace aussi réduit, de mieux expliquer ma pensée..
Je crois pouvoir affirmer que beaucoup d'entre nous déplorons la faiblesse du sentiment de l'intérêt général dans la société congolaise. Je puis certainement me tromper, sans être suspecté pour cela d'avoir perdu mes facultés mentales, mais j'estime que cette faiblesse du sentiment de l'intérêt général est la conséquence de la faible urbanisation de nos sociétés, elle-même découlant de la primitivité des outils de production et des méthodes culturales qu'elles induisent. Au final, de la condamnation à végéter dans l'extrême pauvreté, une situation dans laquelle conscience émigre de la tête vers le bas. Par conséquent, personne ne pourrait dire que cette faculté de vouloir privilégier l'intérêt général serait tombé du ciel. Elle résulte bien de l'évolution des sociétés humaines, des itinéraires que les uns et les autres ont suivis. Les gens assiégés dans un château, une place forte ou une ville, prennent conscience de la nécessité de s'unir, d'œuvrer ensemble, de privilégier tout ce qui concourt à l'intérêt général lequel, en l'espèce, conditionne leur survie. En plus, avoir pour voisins des personnes pouvant être d'une origine ethnique différente mais avec lesquelles on partage le même espace, les mêmes dangers et les mêmes joies, avec lesquelles on peut se marier concourt à renforcent ce sentiment de l'intérêt général.
Pour ce qui nous concerne, l'histoire a amené dans notre espace un modèle de gouvernance conçue à l'étranger, en avance certainement de plusieurs milliers d'années sur notre niveau d'évolution naturelle. Albert Luthuli, le premier Nobel de la paix africain avait dit "Nous n'avons jamais voulu aller ailleurs pour asservir d'autres hommes" (je le cite de mémoire). Le Chef Luthuli aurait pu dire aussi que si nous n'avons pas cherché à faire des conquêtes, c'est parce que nous n'avions pas la capacité de le faire. En effet, pour transporter troupes et logistique sur des longues distances, il fallait recourir à la traction animale que nous ignorons jusqu'à ce jour. La navigation en haute mer était hypothétique car sans gouvernail, on court le risque d'être englouti par les courants marins. Donc, on peut dire que l'idée d'aller à la conquête d'autres terres, autrement dit l'idéologie de la conquête ne naît pas elle aussi spontanément mais seulement lorsqu'une économie a permis de réunir des importantes populations sur un site puisque pouvant les nourrir et pourvoir à leurs besoins en eau potable (au minimum). Prenons l'exemple du Rwanda, un pays qui existait depuis plusieurs siècles (le Rwanda central, d'après Vansina) qui pensait être au centre du monde (pas moins) et qui avait une vieille tradition d'élevage des bovins. L'idéologie des monarques tutsi était basée sur la supériorité raciale de leur groupe et l'amour de la guerre. Le Rwanda guerroyait dans toute la région mais ses expéditions guerrières butaient à la difficulté de déplacer des troupes trop importantes et leur logistique sur une grande distance, d'après Alexis Kagame.
Sur l'espace où la colonisation s'était déployée dans ce qui est devenu le Congo, vivaient des tribus qui, évidemment ne se connaissaient pas pour la majorité d'entre elles, dans des conditions qui étaient les leurs. Pour ma part, je vois dans le fait colonial un phénomène positif malgré les terribles épreuves auxquelles nos ancêtres furent soumis. Nous avons un pays, nous sommes devenus un peuple. Certes, les difficultés demeurent nombreuses, mais il me semble que l'essentiel est que notre destin soit dans nos propres mains.
Les pays, comme toutes les constructions humaines, sont des biens qui doivent être protégés, dont la consolidation doit se poursuivre sans relâche, suivant des règles qui rendent l'adhésion des populations de plus en plus forte. En 1960, ce fut l'indépendance, après à peine trois générations dans le régime colonial. Ce n'est certainement pas dans ce laps de temps que cette culture étrangère pouvait être intégrée.
Pourquoi alors avoir demandé l'indépendance? Patrice Lumumba nous avait dit que puisque le colonisateur avait formé des prêtres (qui demandaient pourtant plus de temps) et refusé de former les civils, il appartiendrait au Congo indépendant de le faire. Au demeurant, le fameux ouragan de l'histoire dont parla Mobutu à l'ONU en 1973 fut tel que même des pays qui avaient opté pour la communauté française (pays de l'Ocam) furent décolonisés quasiment contre leur gré. En réclamant l'indépendance, nos leaders n'avaient pas attendu cette fois-là que l'histoire vienne à nous mais aussi de participer à sa construction. En effet, la deuxième guerre mondiale avait libéré des forces titanesques, créé un courant irréversible qui devait conduire à l'émergence d'un ordre mondial nouveau au détriment des anciennes puissances coloniales. L'indépendance était inévitable. Le seul problème, dans le chef d'un homme comme Lumumba, très en avance sur son temps, est qu'il n'avait pas évalué, faute d'expérience, la capacité de nuisance de l'ancienne puissance coloniale. Tout comme il n'avait pas saisi que les alliances entre les principales forces capitalistes mondiales et les mouvements nazi-fascistes censés être détruits par la guerre, s'étaient rapidement reconstitués avant même que le drapeau soviétique ne fusse hissé sur le mât du Reichstag. Aussi, très rapidement, avant même que le Congo n'ait vécu une semaine d'indépendance, les dirigeants patriotes perdirent la main. J'étais au cabinet du Ministre de l'Information du Gouvernement Lumumba. Je sais de quoi je parle.
L'autre dimension de la question est le fait que nous demeurons prisonniers de notre émotivité excessive, laquelle nous empêche d'aborder les problèmes avec le calme indispensable à la lucidité intellectuelle. L'attitude responsable, lorsqu'on constate que l'autre sait faire ce qu'on ne sait faire soi-même, c'est de lui demander humblement de l'aide. Après l'intrusion d'une escadre maritime américaine en 1853, l'Empereur Meiji comprit que le Japon n'était pas en mesure de se mesurer militairement aux Occidentaux, à cause de leur supériorité technologique évidente. Pour éviter d'être réduit à la situation de la Chine, contrainte d'accepter des traités injustes et humiliants, il convenait tout de suite de chercher à comprendre la manière dont les Blancs avaient bâti leur puissance. Les trois quarts des membres du gouvernement furent envoyés en mission dans les principaux pays occidentaux, une mission qui dura près de trois ans. A leur retour, les décisions les plus audacieuses furent prises dans le cadre de l'industrialisation, de la réforme constitutionnelle et des lois de l'organisation militaire. En moins d'une génération, le Japon devint une puissance industrielle. La Chine a attendu deux générations pour accomplir son industrialisation.
J'ai déjà publié des dizaines d'articles dans lesquels je préconise qu'on puisse s'inspirer de l'exemple chinois de la campagne des "Cents fleurs" pendant laquelle Mao avait fait construire des fours artisanaux dans les villages pour transformer les minerais. On a beau dire que cette campagne fut un échec, mais je suis convaincu que c'est elle qui a préparé l'industrialisation réussie d'aujourd'hui. Concernant le Congo, je pense que l'exploitation, souvent artisanale des minerais jusqu'à ce jour, pourrait se professionnaliser si la puissance publique avait la volonté de la développer. C'est tout un programme qui devrait s'accompagner de l'installation, sur le même site, des écoles professionnelles pour former des motoristes, des tourneurs, des tauliers etc.. de manière telle que le minerai sorti des fournaux puisse connaître ne fût-ce qu'une première transformation sur place, spécialement dans des objets d'utilisation courante. C'est de cette façon que les technologies passent dans la masse, pour être définitivement intégrées.
Je pensais que l'étape de la traction animale était indispensable. Rien n'empêche d'y recourir dans des régions de savane où le tshé-tshé n'existe pas. En tous les cas, là où la vache vit, il n'y a, à priori, aucune raison que l'âne, le dromadaire, voire certaines races des chevaux ne puissent s'y acclimater. Toutefois, la nécessité de brûler les étapes est telle que le recours à la motoculture de manière encadrée est une urgence absolue.
Je n'ai jamais dit ni écrit que j'appelais à la recolonisation. Si mon éducation ne l'interdisait pas, j'aurais qualifié ceux qui m'en chargent d'analphabètes, malgré les titres universitaires qu'ils peuvent afficher. Je les mets au défi de publier un seul de mes textes à l'appui de leurs accusations mensongères. Déjà, ce que je dis, je ne l'ai pas inventé. Si le Président Marcel Bisukiro est encore en vie, il peut témoigner que ce sont les paroles de Lumumba. Ensuite, dans les expériences qu'il m'a été donner d'observer, comme beaucoup d'entre ceux qui nous lisent, nous avons vu que les entreprises congolaises confiées à la direction des Blancs compétents et bien choisis, avaient connu un redressement spectaculaire. Je cite seulement l'Onatra avec M. Palinckx et la Sizarail avec M. Patrick Claes. En même temps, je me souviens du passage de M. Bluementhal à la Banque centrale et aussi de M. Jean Baudouin à l'Office des Routes. Le fait que Bluementhal était présent à Banque du Zaïre ne mit pas fin au détournement des deniers publics. Il en aurait été autrement si ce Blanc avait été Gouverneur au lieu d'être un simple conseiller. A l'Office des routes, à la fin des travaux de la route Kinshasa-Kenge réalisés par l'entreprise Coleten en 1974, M. Baudouin refusa de réceptionner les travaux pour non-conformité avec le cahier des charges. Un ordre diligent venu de la Commission européenne lui enjoignit de les réceptionner, sous peine de perdre son poste. En fait, on sut après que le Maréchal du Zaïre était devenu un important actionnaire de cette entreprise. Il y avait des intérêts croisés du Président zaïrois et de certaines autorités européennes. Une fois de plus, si M. Jean Baudouin avait une responsabilité politique, les choses se seraient passées autrement, parce que le problème aurait été mis sur la place publique.
Par ce dernier exemple, je montre aussi la nécessité d'être vigilant dans l'implication des étrangers dans la gestion de notre pays. Mais le principe reste valable. Déjà rien qu'au sein de la société congolaise elle-même, ce ne serait pas honnête de méconnaître que certains Congolais font mieux ou peuvent faire mieux que d'autres en matière de gestion. Pour avoir cité les propos d'un ami Ngbandi à Butembo qui avait dit que Bakongo et Nande pouvaient remettre ce pays sur le rail, j'ai reçu une flopée d'injures comme d'habitude. Pourtant, pour ne prendre que l'exemple de la Justice, quand j'en parle à certains jeunes, ils n'en croient pas leurs oreilles : dans les années 70 à l'époque du Conseil judiciaire, les magistrats assis et de bouts, greffiers, personnel administratif et l'ensemble d'auxiliaires judiciaires, y compris les avocats, étaient tous à leur poste à 7,30h dans l'ensemble des juridictions sur toute l'étendue de la République. Tout juge avait l'obligation de rendre un jugement dans 15 jours, sous peine de sanction. Cette prouesse fut l'œuvre de Kengo wa Dondo. Le Greffe de la Cour suprême était bien tenu par un Tutsi, M. Gakwaya.
Parmi les Congolais qui s'étaient aussi positivement distingués, on peut citer Thambwe Mwamba qui réussit à l'Ofida là où deux Blancs avaient échoué. Muderwa obtint de bons résultats à la direction des impôts, et Mbelolo Bitueni à l'Onatra.
J'avais indiqué au Président de la République qu'en confiant certains postes comme le Ministère de l'enseignement, de la Santé, de l'Agriculture, de la Fonction publique, des Transports, les fonctions de Procureur général, d'Inspecteur général de la Police, de Directeur de Trésor, ainsi que quelques étrangers dans le corps de la magistrature, sans oublier une trentaine de citoyens d'origine étrangère au parlement, ne constituerait pas une recolonisation. Le Président avait évidemment mal réagi. Il est extrêmement étonnant de constater que ceux qui, par haine, sont même incapables de prononcer son nom de Kabila, aient épousé une pensée aussi erronée.
La tragédie du Noir réside dans le fait de se réfugier dans le mensonge à soi, dans l'imposture, croyant en cela conjurer l'impuissance qui est la sienne. Il est au bas de l'échelle sociale dans toutes les sociétés, y compris dans son propre pays. Il croit qu'en produisant un discours auto-encenseur, il impressionne, alors que justement c'est justement le moment où il est la risée du monde. Je suis lumumbiste et patriote, et espère mourir avec mes convictions intactes pour l'intégrité et l'indépendance de mon pays. Pour autant, moi qui me considère comme intellectuel (ouvrier du savoir, disait Yvon Mabanda) et qui ai la chance de vivre dans une partie du monde où les idées sont accessibles, je suis absolument convaincu que seuls, ce n'est pas demain que nous réussirons à nous tirer d'affaires. Il suffit de regarder l'histoire de Haïti, un pays dont les élites ont joué un rôle apprécié dans l'enseignement au Canada, voire dans certaines parties des Etats Unis. Haïti est toujours dans une situation pire que certains pays africains. Après le tremblement de terre, les habitants se ruent dans les églises implorant Jésus. En Thaïlande, en Indonésie, au Japon et même actuellement en Equateur, les gens se jettent à corps perdu dans les travaux de reconstruction.
En 1973, j'ai visité pour la première fois le bourg de Bulungu d'où Mungul Diaka était originaire. Le futur Premier Ministre y était alors en relégation et y avait construit le "Bel Kally", un petit hôtel de classe. Bulungu est baigné par les eaux noires du Kwilu. Sur le marché, pas un poisson. J'y suis revenu un an après. C'tait devenu un des marchés le mieux fourni en poissons. Que s'était-il passé? Les Lokele, avaient descendu sur plus de 1.000 km le fleuve Congo ensuite remonté le Kwilu. Si aujourd'hui les autorités locales avaient un projet pour booster la production du poisson et appelaient les Lokele à les assister, cela voudrait-il dire qu'ils demanderaient à ces Lokele de les coloniser?
J'ai beaucoup apprécié la justesse du point de vue de l'historien Mastaki qui indique que, une fois rentré au pays, le même cadre congolais apprécié dans une entreprise étrangère sombre dans la corruption et la médiocrité. Où sont passés les centaines des milliards $ des diamants sortis du Kasaï depuis l'indépendance? N'est pas la région par excellence qui a en nombre les cadres universitaires? En 1965, le Bas-Congo, région épargnée par les troubles et gérée par les commis de la coloniale, présentait un taux de croissance annuelle de 6%. Lorsque les universitaires commencèrent à débarquer, la situation bascula.
Pour répondre spécialement au Dr Lokongo, il n'y a rien d'étonnant à ce que l'homme blanc veuille rester aux commandes. Cela participe de la dialectique qui gouverne le monde. Le fort cherche à écraser le faible. C'est de la résistance de ce dernier que naît cette force qui met le monde en mouvement. Dans quelle mesure les Noirs y participent, alors que leurs dirigeants, depuis toujours, ont la propension de choisir de collaborer avec l'étranger pour opprimer leurs propres compatriotes? Lorsque Trump, si j'ai bien compris, dit que les dirigeants noirs ne s'occupent pas des gens ordinaires, n'est-ce pas exact? L'autre phrase de Trump accuse les Noirs "de manquer de cœur humain".
Je fais citer deux exemple. J'étais encore Ambassadeur lors de l'éruption du Nyiragongo de 2002. M.. Georges Dallemagne, un homme politique belge né au Congo et M. Bruno de Lille, un parlementaire flamand, prirent l'initiative de collecter médicaments, vêtements et vivres à envoyer à Goma. Le gouvernement belge avait accordé de fournir les moyens de transport aérien. Pour ma part, tout ce que je pouvais offrir fut la vaste cave de l'ambassade où étaient gardées des épaves des véhicules depuis plus d'une décennie. A Matongué, les initiateurs firent installer, avec une tire lire, des panneaux en dessous des tableaux de Chéri Samba, sur lesquels étaient décris la situation des habitants de Goma et l'aide qu'ils sollicitaient de la population. Avec les idées qui trônent dans ma tête, je voulus en savoir plus. En conséquence, sans y mêler un seul membre de l'Ambassade, je parvins à recruter, à Tour et Taxi, un malien et un Guinéen, contre paiement, pour qu'ils observent pendant toute une journée ce qui allait se passer. Rendez-vous fut pris le soir dans un restaurant grec de Laeken pour l'un à midi le lendemain, et le soir pour l'autre dans une brasserie danoise à la porte de Namur. Les deux personnes ne se connaissaient pas et j'avais tenu à ce qu'ils opèrent à deux endroits différents. Leur rapport fut le même : après avoir lu le texte, souvent un homme blanc mettait une pièce dans la tire-lire, parfois pas. Toutes les femmes blanches qui s'arrêtaient déposaient immanquablement une pièce. La quasi-totalité des Noirs lisaient et puis entraient dans des cafés alentour pour boire un verre. Deuxième exemple : habitant Kinshasa, nous avons assisté parfois à des événements dramatiques survenus à Brazaville et évidemment à Kinshasa. En 1998, j'étais en face lorsque les Rwandais avaient tenté de prendre Kinshasa. Dans les deux cas, je n'avais jamais vu la moindre organisation ou tentative d'organisation pour essayer de venir en aide aux victimes de l'autre côté. Pire, de part et d'autre, les "forces de l'ordre" s'organisaient pour rançonner les réfugiés. Est-ce l'excès de pauvreté qui phagocyte en nous ce sentiment de l'empathie? Comment par exemple expliquer que 41 enfants dits sorciers aient été brûlés vifs en une journée à Mbuji Mayi sans que l'Udps et les élites originaires ne réagissent?
Dr Lokongo. Ce qui, à mon humble avis, construit la confiance des peuples, ce sont les œuvres qu'ils réalisent. Si je pouvais décider, la population serait engagée dans des actions de construction de grands ouvrages. Par exemple à Kinshasa, au lieu de faire réparer la chaussée par des entreprises chinoises qui se seront détériorées dans six mois, transporter par une chaîne humaine ou avec des brouettes les pierres de Kinsuka pour construire des chaussées pavées qui dureraient longtemps. Les marécages de Barumbu, Lingwala et Kinshasa seraient asséchées par la construction des canaux, si nécessaires ventilées par des moulins à vent que les ouvriers locaux pourraient construire avec l'encadrement des étrangers.
Enfin, je demande à ceux qui me considèrent comme fou de réfléchir à l'hypothèse où il y aurait un million de Noirs qui seraient entrés d'un coup en Europe. Je suis certain que, au lieu d'accueillir cette population sur son sol, l'Europe aurait décidé d'employer des moyens militaires pour non seulement les rapatrier mais encore changer la gouvernance dans leurs pays afin de les inciter à construire leur avenir sur place. Les réfugiés actuels, mis à part le problème de religion qu'ils posent aux Européens, sont clairs de peau et ont des cheveux raides. Leur métissage avec les Blancs réussit parfaitement. Ce n'est pas le cas avec les Noirs.
Le danger de recolonisation ne réside pas dans le fait de vouloir profiter de la capacité d'autrui pour construire son pays. Le Professeur Jean Claude Maswana, universitaire au Japon , marié à une japonaise également universitaire et conservant son passeport congolais fut le chef d'une délégation japonaise à une conférence de la Banque mondiale. Le Japon aurait-il donc un complexe d'infériorité envers notre compatriote?
Je dis à Djo Mwamba ceci : pourquoi est-ce que le fait de poser des vraies questions dérange tant? En quoi est-ce que tenter d'analyser les enjeux du moment devient-il un comportement "sauvage?" Par exemple, tout le monde voit bien le rôle des "Pasteurs" dans l'abrutissement des populations, rôle soutenu par les pouvoirs successifs. En effet, il est clair que ces "Pasteurs" ont pour rôle de maintenir les consciences dans l'obscurantisme, mais quel est le leader qui ose les dénoncer?
Je viens de lire que les Chinois vont prolonger le Tazara au Rwanda. Mon opinion est que si Kagame amène le rail autour du lac Kivu, l'unité congolaise aura vécu. Je ne crois pas que le nationalisme congolais des Kivutiens résisterait au fait que c'est par la vassalisation au Rwanda en comparaison à la tyrannie de Kinshasa qu'ils auraient droit à la survie. Déjà, c'est au Rwanda que toute la production minière et agricole est amenée.
Enfin, prions Dieu que des épidémies de type Sida ou Ebola qu'on dit naître sur notre continent finissent par être plus ou moins maîtrisées grâce à l'aide des étrangers. Autrement, le danger de la recolonisation pourrait provenir du constat que nous aurons été incapables de protéger nos populations même contre les maladies.
Albert Kisonga Mazakala

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Congo Panorama. Le blog du soldat du peuple: Par Antoine Roger Lokongo, le Soldat du Peuple engagé dans la bataille des idées pour un Congo meilleur. Un Congo qui s'assume et devient un parténaire clé de la Chine, hier un pays sous-développé, qui, en un lapse de temps, a changé son destin en comptant sur ses propres efforts et devenu une puissance.
  • Congo Panorama. Le blog du soldat du peuple: Par Antoine Roger Lokongo, le Soldat du Peuple engagé dans la bataille des idées pour un Congo meilleur. Un Congo qui s'assume et devient un parténaire clé de la Chine, hier un pays sous-développé, qui, en un lapse de temps, a changé son destin en comptant sur ses propres efforts et devenu une puissance.
  • : A partir des idées de mes héros, Patrice Emery Lumumba et Laurent Désiré Kabila, je suis l'actualité politique de mon pays, la République Démocratique du Congo en partuclier et de l'Afrique en général et je donne mes commentaires. Antoine Roger Lokongo
  • Contact

Hymne des Opprimés

  Ces CPP-ci sont la lumière des ouvriers
et des paysans,
ainsi que de tout opprimé.

Il n’y a point de doute d’abattre l’exploitation et de créer une juste société.

Notre serment est de ne jamais échouer,
enjoignons toutes nos forces en un faisceau,
tenons bien nos armes dans nos mains,
car ces CPP sont la force du peuple.


Dans sa noble cause,
jamais de spoliation.

Notre lutte revendique nos droits,
quoiqu’il en coûte,
jamais de servitude.


Pour les opprimés,
la Révolution est un rempart,
son ultime but est que le peuple gouverne.

Laurent Désiré Kabila,
lâchement assassiné le 16 janvier 2001.

Recherche

Liens Préféres