Le Président Joseph Kabila a reçu, lundi au Palais de la Nation, une délégation de la Majorité présidentielle, de l’opposition et de la Société civile ayant participé au dialogue, conduite par le facilitateur Edem Kodjo, venue lui présenter officiellement l’accord qui était signé à l’issue du dialogue et le rapport général établi sur le déroulement des travaux de ce dialogue.

Pour le facilitateur Kodjo, la rencontre avec le Chef de l’Etat n’était pas une simple rencontre protocolaire, mais plutôt une véritable séance du travail au cours de laquelle il lui a été présenté officiellement l’accord qui était signé le 18 octobre dernier ainsi que le rapport général établi sur le déroulement des travaux du dialogue et quelques documents annexes pour que le Chef de l’Etat soit totalement informé de tout ce qui s’est passé.

A une question, Edem Kodjo a répondu que tous les Congolais sont heureux de voir cet accord signé, ajoutant que cet accord reste ouvert à tous ceux qui n’ont pas participé au dialogue. Il a précisé, à cet effet, qu’il sera ouvert un bureau animé par des personnes qui seront chargées d’accueillir et de recueillir les points de vue de tous ceux qui veulent adhérer à cet accord.

Dans cette condition, parler d’un deuxième dialogue ne correspond pas à grand-chose, a encore dit Edem Kodjo. C’est n’est pas de l’avis du Chef de l’Etat qui a qualifié cet accord d’historique, avant d’ajouter qu’il faut donner à cet accord toute sa portée car c’est un accord qui résout tous les problèmes qui ont été soulevés par toutes les composantes de la classe politique congolaise et de la Société civile.

Aussi, a-t-il exhorté tout le peuple congolais à la paix par le rejet de toute forme de violence et  de tous les extrémismes, car dit-il, le peuple congolais mérite de bénéficier de cette paix pour pouvoir se consacrer au développement d’un pays qui est  vital pour tout le continent. Car, «on ne peut prétendre aimer l’Afrique sans aimer le Congo». Il a enfin demandé à tous les Congolais de se rallier massivement à cet accord qui jette le jalon d’un processus et d’une paix durable.

Dans un communiqué signé par le directeur de cabinet du Chef de l’Etat, Néhemie Mwilanya Wilondja, sanctionnant cette rencontre, le Chef de l'Etat a promis de travailler de concert avec toutes les institutions de la République à la mise en œuvre rapide et intégrale, des conclusions issues du dialogue, avec pour objectif principal, l'organisation des élections crédibles, apaisées et transparentes, conformément aux modalités convenues.

Le Président de la République a pris acte dudit rapport, tout en rendant hommage au facilitateur pour avoir mené à bon port ce processus difficile avec dévouement et intégrité.

Il a félicité les différentes parties prenantes au dialogue, à savoir l'Opposition politique, la Société civile, la Majorité présidentielle et les différentes personnalités invitées, pour leur sens élevé de responsabilité, de compromis et de patriotisme.

Il s'est félicité de constater que l'accord est resté ouvert à la signature d'autres partis politiques et regroupements politiques ainsi qu'aux autres organisations de la Société civile qui s'engagent à respecter toutes ses dispositions. Ce qui en garantit l'inclusivité.

Il s'est félicité également de voir que les participants au dialogue n'ont pas ignoré la Constitution, mais qu'ils se sont plutôt engagés à la respecter dans son intégralité.

Ne pas commencer par la guerre pour finir par le dialogue, dit Vital Kamhere

Pour Vital Kamhere, co-modérateur (opposition), il ne fallait pas commencer par la guerre pour terminer autour d’une table de négociations, il était donc beaucoup plus sage de commencer par le dialogue en vue d’éviter tous les moyens susceptibles de conduire à la guerre.

Le Président de l’UNC a dit que le Chef de l’Etat leur a fait savoir que cet accord constitue une feuille de route, avant de les exhorter à mettre rapidement un comité de suivi de cet accord. Pour le Chef de l’Etat, a encore dit Vital Kamhere, ceux qui craignaient qu’au dialogue on allait violer la constitution, ils ont tort car on ne l’a pas fait.

Cet accord, a encore dit Vital Kamhere, donne au peuple congolais l’occasion de se choisir, d’ici seize mois, de se choisir son Président et avoir ainsi une alternance apaisée, pour la première fois en RDC et ce sera un moment historique aussi bien pour le Président de la République en exercice que pour celui nouvellement élu et surtout pour le peuple congolais.

Mettre tout le monde dans un dialogue inclusif, pense le ministre d’Etat Bongongo

Le Professeur Bongongo (opposition Républicaine) a fait savoir que les Congolais ont fait un effort de s’unir, de s’écouter et d’arriver à une conclusion. Ce qui est important, pense-t-il, c’est que cet accord donne aujourd’hui un nouvel élan dans la gestion de la chose publique par l’ensemble de la classe politique congolaise. On est arrivé à mettre en œuvre tout le monde dans un dialogue inclusif, a-t-il conclu.

ACP