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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 07:38

Où va le Congo-Kinshasa ?

Par MULEMBA  MAKUBI,  Jean-Baptiste

Député national honoraire

Combattant de la Libération

Compagnon de la Longue Marche.

3  Epilogue. 

« Quiconque méconnaît son passé, ne saurait bâtir son avenir. » (Frantz Fanon)

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Les considérations ci-dessus nous amènent, toutefois, à saisir la portée exacte des décisions que prennent certaines puissances – tant des organisations internationales que certains Etats étrangers -  sur l’évolution de notre pays.                                                                                                                                                                      

A ce sujet, on ne devrait jamais perdre de vue le constat de notre frère, l’Africain-Martiniquais Aimé Césaire, panafricaniste sincère, le principal initiateur de « la philosophie de la négritude », alors non édulcorée, et Grand Combattant de la Liberté des peuples africains-antillais (Martiniquais, Guadeloupéens, Guyanais) : « La malédiction la plus commune en cette matière (d’appréciation de la domination esclavagiste ; ndlr) est d’être la dupe de bonne foi d’une hypocrisie collective, habile à mal poser les problèmes pour mieux légitimer les odieuses solutions qu’on leur apporte. » (in Discours sur le colonialisme – Ed. Présence Africaine – Paris 1955 – pg 8.)                    

On ne devrait pas se faire encore d’illusions : quelle qu’en soit l’expression, la principale motivation qui sous-tend les imprécations des Etats-Unis - principal instigateur des résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU, de l’Union Européenne, et de l’Union Africaine sur notre pays -, saute aux yeux de tout observateur  lucide. Au-delà de la sauvegarde du système impérialiste au Congo-Kinshasa, c’est la lutte contre l’affirmation ou la montée de la puissance économique de la Chine, et, partant, de sa puissance dans tout autre domaine. Entre les Etats-Unis d’Amérique - qui prétendent toujours agir au nom de l’Occident et de ses alliés -, et la Chine, a toujours existé une guerre froide depuis 1949, année du triomphe de la Révolution chinoise sous la conduite du grand combattant de la liberté Mao Tse Toung. Cette guerre est, peut-être, moins intense que celle qui a existé entre l’Union Soviétique et l’Occident de 1917 à 1992, et qui avait atteint son paroxysme après la Deuxième guerre mondiale avec la création de l’OTAN (1949 : Etats-Unis d’Amérique et ses alliés européens) et du Pacte de Varsovie (1955 : Union Soviétique et ses alliés européens.)                                                                                                                                                                                                         Mais, ce sont toujours des pays moins puissants militairement qui ont fait les frais de la guerre froide entre l’Occident capitaliste et esclavagiste, agissant au nom de l’OTAN, et l’Union soviétique, qui se voulait socialiste, et se défendait, notamment à travers le Pacte de Varsovie. Sa réalité était que cette guerre masquait celle qui mettait aux prises les pays du Tiers-Monde victimes de la domination esclavagiste des puissances occidentales à ces dernières.                                                                                                                                            La logique esclavagiste a toujours été des plus simples ; elle est tirée du jésuitisme : « qui n’est pas avec moi est contre moi. » Il ne s’agirait pas d’affirmer que l’on est pour les esclavagistes, on devrait se conformer à l’attitude qu’ils ont déterminée – qu’elle soit dictée ou non - sur tous les plans. Est considéré comme ennemi toute personnalité politique estimée ne pas être avec les esclavagistes sur un sujet donné ou considérée par ces derniers comme œuvrant pour renforcer le camp adverse. Le fait d’être taxé de communiste était considéré comme un grand crime politique, et comme un crime tout court méritant châtiment exemplaire. Au début des années 1950, devant la montée de la contestation des syndicats, les dirigeants des Etats-Unis d’Amérique (avec les Présidents Harry Truman et Dwight Eisenhower) ont imposé un régime d’intolérance politique à l’égard des communistes dans leur propre pays sous l’impulsion du sénateur Joseph Raymond McCarthy, et du secrétaire d’Etat John Foster Dulles épaulé par son frère Allan Dulles, directeur de la CIA. Cette chasse aux sorcières (le maccarthysme) s’est illustrée par la surveillance accrue des activités sociales de nombreux citoyens américains soupçonnés de sympathie à l’égard du communisme – ce fut notamment le cas du couple Rosenberg faussement accusés d’espionnage au profit de l’Union Soviétique, et exécutés après leur condamnation à mort -, et l’exil de nombreuses personnalités tant scientifiques qu’artistiques (entre autres, Charlie Chaplin, plus connu sous son sobriquet Charlot, qui s’est exilé en Suisse.)            

Quels sont les enjeux dans la phase actuelle de cette guerre froide américano-chinoise ? D’une part, on retrouve les esclavagistes désirant regagner leur terrain perdu face à un adversaire qui est une puissance étrangère par rapport au peuple congolais, de l’autre, ce peuple qui, ignorant superbement les méthodes – notamment, les différents opiums du peuple -, utilisées par les esclavagistes pour subjuguer l’humanité, ne sait vraiment pas ce qui l’attend, et se prête au jeu en accréditant tous les chants des sirènes de la planète qu’entonnent des renégats congolais, patentés ou non, et, chants orchestrés à partir des partitions élaborées par les puissances esclavagistes internationales.

Le seul ennui est que ce peuple est de nouveau en train de creuser lui-même sa propre tombe, et cela surtout, du fait que ses enfants les plus dignes, ces patriotes et progressistes, n’ont rien fait et ne font toujours rien pour bien l’encadrer politiquement.                                                                                                      On ne saurait perdre de vue que sans culture politique approfondie, l’être humain reste toujours naïf - dans l’approche des phénomènes et des faits ainsi que dans l’entendement des problèmes ou des sujets -, brouillon - dans l’évaluation des situations -, et politiquement instable. On peut toujours en faire le jouet d’habiles manipulations.

Ce qui fait que le peuple congolais prend, de plus en plus désormais, des vessies pour des lanternes, et, de pires affidés des puissances esclavagistes, particulièrement des mobutistes, pour des gens très vertueux, des anges du bon Dieu. Certains patriotes congolais se sont fourvoyés dans le concept de la « révolution-pardon » telle que proclamée en avril 1997, et pratiquée ensuite au cours de la lutte menée par l’AFDL contre la dictature mobutiste, et surtout après le 17 mai 1997, en faisant l’impasse sur une règle sociale fondamentale déterminant, notamment, l’attitude des patriotes vis-à-vis des oppresseurs du peuple qu’ils ont renversés, et, règle tirée de la légende millénaire du « panier de bons fruits dans lequel on a placé un fruit pourri » : ce dernier  finit toujours par corroder, en moins de temps, tous les bons fruits.                  Il est vrai que de tous les animaux, l’être humain est celui qui peut vivre selon deux éthiques différentes à des moments différents, successifs ou non. La bible, un écrit historique, s’il en est, rapporte le cas d’un Saül, un brigand des grands chemins dont la principale besogne aurait été de trucider de paisibles gens, notamment des chrétiens, après les avoir détroussés de leurs biens, et qui se serait métamorphosé moralement pour devenir le saint Paul que vénèrent toujours les chrétiens. Mais, saint Paul ne se serait plus comporté comme Saül. Ce n’est donc qu’avec le temps qu’on pourrait juger du changement intervenu chez un être humain, et non, du jour au lendemain, simplement, parce que mû par un subjectiviste souci népotiste.

Ainsi, au Congo-Kinshasa, la « révolution-pardon », au lieu de se limiter à la coexistence dans le pays des patriotes et des anciens oppresseurs du peuple, s’est-elle plutôt consacrée par leur cohabitation au sein de tous les organismes et institutions politiques et administratives de l’Etat. Finalement, elle a permis de ramener au pouvoir des gens les plus corrompus du régime mobutiste : ceux de toutes les capitulations, de toutes les compromissions, de tous les scandales, et qui ont commis de nombreux crimes, notamment économiques, après le 30 juin 1960.                                                                                      

Ces gens sont redevenus des forts en thèmes, éternels donneurs de leçons qui ont pu passer, sans troubles de conscience, au travers de tant d’événements redoutables – près d’un demi-siècle de luttes héroïques d’un peuple qu’ils avaient meurtris – et qui se retrouvent aujourd’hui tels qu’ils étaient hier sous le mobutisme, suffisants et dominateurs pour n’avoir rien appris et rien oublié. Mais, le peuple congolais semble avoir perdu de vue leurs méfaits.

On ne devra jamais évacuer la réalité selon laquelle l’oubli est, dans le combat politique, une arme d’une redoutable efficacité au service de l’oppresseur. Des erreurs, voire, des fautes, ont certes été commises, mais ceci n’est pas une raison de les perpétuer, ni de s’en accommoder outre mesure.        La situation politique actuelle de notre pays place les patriotes devant un enjeu majeur très difficile : ne plus être en mesure - pendant très longtemps, et même, pendant plus longtemps que n’a duré la fameuse Deuxième République -, d’intervenir pour déterminer l’avenir de leur pays et de son peuple.

Et cela, dans la mesure où ce dernier est aujourd’hui très désabusé du fait d’avoir été floué pendant plus d’un demi-siècle, et, ainsi, emmené à un point tel qu’il ne se préoccupe même plus de son droit à disposer de lui-même, à déterminer librement son destin. La conscience – politique ou autre – se forge, et s’entretient. Cette situation nécessite des décisions hardies pour ne plus tomber dans le jeu favori des puissances esclavagistes : la provocation du chaos politique.                                                                                                                      On ne saurait oublier que le désordre, le chaos politique, et l’anarchie subséquente ont toujours servi de stratégie aux puissances esclavagistes pour pérenniser la misère, la pauvreté absolue, le dénuement total des peuples du Tiers-Monde dominé. C’est ainsi que les puissances esclavagistes ont toujours veillé, et agi pour que ces peuples ne connaissent jamais la paix. Le soutien aux dictatures participe, notamment, de cette stratégie. Pêcher en eau trouble a toujours été l’un des fondements de leur logique pour subjuguer des peuples du Tiers-Monde, et pérenniser l’entreprise impérialiste.                                                                                Comme le souligne la devise de l’association congolaise EIP (Ecole, Instrument de la Paix), une agence spécialisée de l’ONGD « Humanisme et Solidarité, asbl » (HS) : « L’Homme est dans son état naturel lorsqu’il jouit de la paix. C’est la paix qui donne la rigueur aux républiques ; elle maintient l’ordre parmi les citoyens ; elle donne aux lois la force qui leur est nécessaire, elle favorise le peuplement, l’agriculture, l’industrie et le commerce. En un mot, elle procure au peuple le bonheur qui est le but de toute société.»                   

En tout cas, c’est dans le calme et la tranquillité que procure généralement la situation permanente de paix  que l’être humain peut bien réfléchir pour trouver des solutions adéquates aux différents problèmes qui peuvent l’assaillir. Tous confondus, des personnes tarées, les mobutistes et les mobutisés – ces derniers, des personnes qui, sans faire partie formellement des organisations politiques animées par des mobutistes, partagent leur éthique, particulièrement, la kléptocratie et la luxure – dirigent aujourd’hui de nombreuses formations politiques congolaises, notamment, de l’opposition. 

Le chaos que provoquerait une intervention politique téléguidée par des puissances impérialistes assurerait le retour en force au pouvoir des mobutistes – très mus par le revanchisme qu’alimente un permanent souci nostalgique, voire mélancolique de recouvrer des privilèges jadis acquis et perdus ,- et de leurs alliés. Et cette fois-ci, ils en détiendraient le contrôle direct et total. Ce dernier aspect, on s’en conviendrait, n’est pas le cas aujourd’hui. Cela ramènerait alors l’anarchie totale connue sous la Deuxième République de triste mémoire, et dont auraient certes besoin les puissances esclavagistes internationales et leurs futurs satrapes congolais, mais pas le peuple congolais.

Il y aurait donc lieu de tout envisager et entreprendre pour sauvegarder la paix chèrement restaurée dans notre pays. Mais comment les patriotes le feraient-ils dès le moment où leurs adversaires politiques s’appuient sur des dispositions constitutionnelles qui, objectivement, légitiment leurs revendications ?

Le repli tactique demeure aujourd’hui la seule formule qui permettrait d’éviter la guerre civile que recherchent les puissances esclavagistes – cela va sans dire -, mais que les patriotes, inévitablement, perdraient militairement et politiquement.

 

Les puissances esclavagistes ont toujours instrumentalisé l’ONU, et interviennent toujours dans les pays du Tiers-Monde avec sa bénédiction. L’ONU a récemment donné son feu vert pour couvrir de récentes interventions militaires occidentales dans des pays africains, notamment, en Côte d’Ivoire (chute et arrestation de Laurent Gbagbo), et en Libye (chute et assassinat de Kadhafi).

Au Congo-Kinshasa, il y a la MONUSCO dont les troupes seraient, en toute probabilité, celles prévues pour intervenir militairement, en cas de nouvelle guerre civile dans notre pays  – « dans le cadre de la mission de maintien de la paix de l’ONU comme formellement établi dans sa charte », clamerait-on alors à tue-tête –, pour permettre, en réalité, le départ forcé du Président Kabila du pouvoir si aucun compromis n’est trouvé avec les forces de l’opposition avant la fin de son mandat actuel. Les forces de l’OTAN assureraient, comme d’habitude, la couverture stratégique de cette intervention militaire.                                                                                     

Il y a lieu de ne jamais perdre de vue cette phrase du sénateur Edward Markey, membre de la commission des Affaires étrangères du sénat américain lors de l’audition de sa délégation récemment revenue de la RDC : « Ma préoccupation est qu’il est évident que Kabila le fait malgré qu’il comprenne à quel point les États-Unis vont s’abattre sur lui et ses acolytes : sur lui personnellement, et sur ses acolytes personnellement, pour que lui devienne un symbole de reproche international.  Et il doit comprendre clairement que nous avons un plan en place qui lui sera imposé, et que  nous  ne  resterons pas sur  la  ligne  de  touche  sur  cette  question.»

La Secrétaire d’Etat-adjointe aux Affaires africaines, l’Africaine-Américaine Linda Thomas-Greenfield n’a pas non plus mâché ses mots pour être très explicite : « (…) les conséquences horribles pour lui (le Président Joseph Kabila) de prendre la mauvaise décision sont l’impact que cela aura sur son peuple du fait de vouloir diriger un pays qui est en train d’imploser autour de lui (…) Je pense que la chose importante est d’obtenir le support des autres pays dans la région pour nous soutenir dans cet effort. Cela est quelque chose sur laquelle nous travaillons également. »

On ne peut mieux affirmer clairement des intentions. La moindre des choses est qu’on devrait les prendre très au sérieux : les Etats-Unis d’Amérique auraient déjà un plan – et sur place dans notre pays - qu’ils vont nous imposer, et ce plan pourrait aller jusqu’à l’organisation de son implosion définitive. Aussi, que ferons-nous pour éviter l’imposition de ce plan ? Et que feront les patriotes, particulièrement, si elle a lieu ?                                                                                                      

S’il est vrai qu’on ne saurait se prémunir d’un danger qu’on ne connaît pas, on pourrait tout de même l’imaginer, le prévoir et programmer la riposte à partir des actes maléfiques connus et posés par ceux qui profèrent ces menaces, et prendre des dispositions convenables. L’Histoire de l’Humanité révèle bien que les Etats-Unis d’Amérique sont connus, de notoriété publique mondiale, comme l’un de ces Etats qui n’ont eu de cesse que de fomenter des coups d’Etat militaires ou civils dans de nombreux pays, tant du Tiers-Monde que d’ailleurs.                                                                                                                                                                          En cherchant à connaître le processus qui a conduit à l’indépendance de la République du Soudan-du-Sud, on saurait que John Garang, le principal dirigeant de la SPLA / SPLM (Sudan People’s Liberation Army / Movement – Armée de Libération du Peuple du Soudan, bras armé du Mouvement de Libération du Peuple du Soudan), la plus importante organisation des rebelles sud-soudanais, penchait plutôt pour une vraie fédération d’un Soudan démocratique, laïc et progressiste, et non, pour l’indépendance du Sud-Soudan, option que soutenaient les actuels dirigeants de la République du Soudan-du-Sud, et qu’encourageaient vivement des puissances esclavagistes, particulièrement anglo-saxonnes, notamment américaines. Un accord de paix a été signé en janvier 2005 ; il prévoyait l’organisation d’un référendum sur le statut futur du Sud-Soudan. Devenu premier vice-président du Soudan le 9 juillet 2005, John Garang perdrait la vie un mois plus tard dans l’accident d’un hélicoptère loué à Kampala, et qui le ramenait d’Ouganda au Soudan. Et en 2011, le Sud-Soudan se prononcerait pour l’indépendance à l’issue du référendum, et il deviendrait la République du Soudan-du-Sud.

Pareils actes maléfiques sont bien possibles dans notre pays tant la société congolaise est connue pour être celle qui - de tout temps, et depuis des lustres – n’a cessé de connaître de nombreuses lézardes. Et cela, dans toutes ses composantes, et particulièrement, au sein des organisations sociales, notamment politiques, où la scission conditionne grandement l’activité politique. La MP (Majorité Présidentielle, une coalition de nombreuses formations politiques) a récemment volé en éclats avec le départ des organisations ou de ses dirigeants qui ont fondé le G7. Combien de coalitions politiques compte-t-on aujourd’hui au sein de la prétendue opposition politique congolaise ? Même la société civile – qui n’agit pas politiquement pour défendre des projets de société - est aussi ravagée par de profondes divisions. Voyez le nombre des regroupements des associations de la société civile ; voyez  la prolifération des églises de réveil.                      A n’en pas douter, ces lézardes se retrouvent également au sein de nos différentes forces de sécurité connues : FARDC, Garde Républicaine, Police Nationale, ANR, et DEMIAP. Ces forces pourraient aussi être concernées dans ce fameux plan concocté par les Etats-Unis d’Amérique - en association, ou non, avec l’Union Européenne -, et qui serait imposé au Président Joseph Kabila, comme l’a annoncé le sénateur américain Edward Markey.                                                                                                                                                                                Dans une guerre de type classique, les FARDC pourraient-elles tenir tête face à la puissance de feu des forces surarmées de l’OTAN qui appuierait l’offensive militaire de la MONUSCO ? Et, la guerre de guérilla est avant tout la guerre de tout un peuple : elle nécessite le total engagement de ce dernier. Cependant - ce qui est une vraie lapalissade -, on ne pourrait compter sur un peuple congolais politiquement désabusé pour espérer un quelconque sursaut patriotique de sa part, même dans une moindre mesure, à l’instar de celui connu en 1998, notamment dans la Tshangu, à Kinshasa et dans les provinces du Nord et Sud-Kivu ainsi qu’au Maniema (ces bastions des patriotes Mai-Mai), contre les envahisseurs rwandais, ougandais et burundais. On devrait plutôt craindre de simples jacqueries accompagnées des scènes de pillages auxquels ont été habituées des populations congolaises guidées par des sbires de la Deuxième République.                          Toutefois, à Kinshasa, le peuple congolais s’était alors battu contre ces envahisseurs en bénéficiant, tout de même, du soutien militaire des forces zimbabwéennes et angolaises. L’intervention de ces dernières a permis de bloquer au Bas-Congo le gros des troupes rwandaises qui y étaient cantonnées. Néanmoins, le contexte ayant profondément changé, il n’y aurait plus de soutien des armées des pays frères, et surtout pas un tel soutien en cas d’intervention militaire des troupes de la MONUSCO.                                                                             A cet égard, il y a lieu de ne pas perdre de vue le propos de la Secrétaire d’Etat-adjointe américaine selon lequel : « la chose importante est d’obtenir le support des autres pays dans la région pour nous soutenir dans cet effort. Cela est quelque chose sur laquelle nous travaillons également. » Lequel parmi tous les pays de notre région, tous confrontés à des crises politiques et / ou économiques très aigües, pourrait s’opposer à la volonté des puissances esclavagistes pouvant se traduire ou se concrétiser aussi par des aides financières conjoncturelles ?                                                                                                                                                                                   Et, s’agissant de l’implosion de notre pays, on ne saurait perdre de vue que le régime politique au pouvoir au Rwanda- pays frontalier, s’il en est -, est connu pour nourrir des ambitions expansionnistes sur des provinces congolaises de l’est de notre pays (Sud-Kivu et Nord-Kivu). Le peuple rwandais est, assurément, un peuple frère. Pour autant, Amilcar Cabral nous a bien prévenus : « (…) : le riz se cuit à l’intérieur de la chaudière». Les complicités au sein de nos communautés pourraient toujours faciliter - voire, ont toujours facilité -, de basses besognes des puissances esclavagistes dans nos pays, et surtout, dans notre région.                            Mais, tout le chaos que provoquerait l’intervention des puissances esclavagistes pour chasser le Président Joseph Kabila du pouvoir se traduirait davantage par la mort et la désolation que sèmeraient, une nouvelle fois, ces puissances dans notre pays. Le comble, cette situation serait imputée à la mauvaise foi du Président Joseph Kabila : « Sa réputation sera perdue, s’il ne quitte pas normalement le pouvoir (…) », a nettement prévenu la Secrétaire d’Etat-adjointe des Etats-Unis d’Amérique. «(…) les Etats-Unis vont s’abattre sur lui et ses acolytes, (…) pour que lui devienne un symbole de reproche international », avait martelé, de son côté, le sénateur Edward Markey. Cependant, l’évolution historique de notre monde nous l’a bien appris : « mille fois répétée, une contre-vérité acquiert toujours la certitude de la vérité. »

Toutefois, par la force des armes, s’il le faut, les puissances occidentales, particulièrement les dirigeants des Etats-Unis d’Amérique, sont aujourd’hui très déterminées pour faire partir le Président Joseph Kabila du pouvoir, non pas pour n’avoir pas œuvré à la démocratisation de la vie politique au Congo – ce qui est le moindre de leurs soucis -, mais plus pour  cette contribution indirecte de la RDC, sous sa diligence, à la montée de la puissance économique de la Chine, leur principal adversaire.

Les puissances occidentales reprochent, en effet, au Président Joseph Kabila d’avoir favorisé l’accès de la Chine aux matières premières dont regorge notre pays, et donc, de lui avoir permis de pénétrer en force dans ce qu’elles considèrent comme leur chasse-gardée, le Congo-Kinshasa. On ne devrait pas douter de cet aspect de la realpolitik. En outre, Israël – et donc, le mouvement sioniste international –, et les Etats-Unis d’Amérique, le principal allié stratégique de ce pays, lui reprochent également d’avoir livré - ou permis à ses collaborateurs directs de livrer – d’importantes quantités d’uranium à l’Iran et à la Corée du Nord. C’est là un crime impardonnable, en particulier, pour Israël.  

Une nouvelle fois, et pour très longtemps, la paix serait rompue au Congo-Kinshasa : la paix des baïonnettes et des fusils, connue jadis sous la fameuse Deuxième République - cet Etat qui a régi la très longue et sanguinaire dictature du « maréchal-président Mobutu » -, et, ce genre de paix, qui a toujours été – et continue d’être (cas actuelle en Côte d’Ivoire) - soutenue par les puissances esclavagistes occidentales, reprendrait le dessus sur cette paix des cœurs et des bonnes volontés que le peuple congolais tente à édifier péniblement, notamment de nos jours, sous la conduite  du président Joseph Kabila. Quoiqu’on en dise, ceci est une réalité, et de notoriété publique mondiale.

 

Néanmoins, l’observation de la nature permet parfois de se tirer d’embarras. « Le chêne et le roseau », la fable – « un récit mensonger qui représente la vérité », estimait le philosophe Aristote - de l’écrivain français Jean de la Fontaine, offre l’opportunité d’une solution au dilemme. S’étant suffisamment plié, le roseau n’a pas subi ce qui est arrivé au chêne, un arbre trop robuste et massif, lequel, au demeurant, ne pouvant pas se plier pour échapper à la force du vent, s’est brisé.

                                                                                  

MULEMBA  MAKUBI, Jean-Baptiste.

 

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Laurent Désiré Kabila,
lâchement assassiné le 16 janvier 2001.

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