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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 07:18

Où va le Congo-Kinshasa ?

Par MULEMBA  MAKUBI,  Jean-Baptiste

Député national honoraire

Combattant de la Libération

Compagnon de la Longue Marche.

 

3   Devant les faits.

« S’il est vrai que nous devrons nous en prendre aux puissances impérialistes, car, elles constituent, en définitive, la cause de notre sort misérable, n’oublions jamais, cependant, que, bien souvent, elles ne réussissent leurs coups que grâce à des complicités qu’elles trouvent au sein de nos communautés. Le riz se prépare dans la chaudière. »  (Amilcar Cabral)

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Au cours de l’année 1960, de nombreux pays africains, à l’instar du Congo Belge, sont devenus formellement indépendants. Soit en définitive, qu’ils n’étaient plus formellement sous la tutelle des puissances étrangères. Ainsi, les Etats africains détiendraient-ils formellement la souveraineté nationale et internationale et devraient l’exercer pleinement. Ce qui fait que, formellement, tout ce qui s’est passé dans ces pays à partir de cette date, et tout ce qui s’y passerait, relevait et relèverait formellement et totalement de la libre volonté des peuples africains et de leurs dirigeants.

Ainsi, retrouve-t-on ces complicités évoquées par notre frère Amilcar Cabral, panafricaniste sincère, grand Combattant de la Liberté, et Héros national des peuples de Guinée-Bissau et de Cap Vert, dans des actions menées par des Africains qui sont devenus des séides notoires des puissances esclavagistes, mais aussi et surtout, dans l’état d’esprit des Africains, lequel découle de leur vision du monde et de leur évolution historique, et partant, de leur conscience historique. « Colonisés parce que colonisables » a écrit en 1970, non sans raison, notre compatriote et frère, Aubert Mukendi, dans son livre « Enterrons les zombies.» 

D’aucuns parmi ces félons agissent ouvertement ; mais d’autres, le font insidieusement, dans l’ombre, notamment par l’entrisme ou l’infiltration de l’organisation ou des organisations assurant le pouvoir politique en place en vue d’induire ce dernier en erreur dans l’approche des réalités sociales, et lui faire commettre de graves fautes politiques, souvent irrémédiables.

Bien souvent, leurs commanditaires profitent de ces fautes pour engager ultérieurement leurs entreprises de déstabilisation tant des dirigeants africains patriotes que des satrapes qu’ils ont parfois eux-mêmes placés au pouvoir - comme dans le cas du « citron pressé » qu’on jette à la poubelle après en avoir extrait le jus - dès le moment où leur maintien au pouvoir hypothèquerait sérieusement l’entreprise de domination impérialiste.

L’année 2018 est celle au cours de laquelle devraient se dérouler de grands évènements politiques dans notre pays, notamment l’élection des députés nationaux et du président de la République ainsi que l’élection des députés provinciaux, des gouverneurs des  provinces et des sénateurs. En 2011, il n’y avait pas d’élections provinciales. Députés provinciaux, gouverneurs des provinces et sénateurs élus en 2006 avaient vu leur mandat être prolongé indûment à partir de 2011. Il y a lieu de noter que l’élection des députés provinciaux, non tenue en 2011, devait avoir lieu en 2015. 

Avec la mise en place de nouvelles provinces – comme prévu dans la constitution de 2006, notre pays compte désormais 26 provinces -, l’élection des députés provinciaux, des gouverneurs et des sénateurs devrait avoir lieu dans toutes ces entités provinciales. Les autres entités territoriales décentralisées (communes urbaines et rurales ainsi que des villes) n’ont pas encore été mises en place, il ne saurait logiquement y être organisé des élections en vue de la formation de leurs institutions politiques respectives (conseils communaux, conseils urbains, bourgmestres et maires).

Concrètement, l’Etat congolais devrait organiser en cette année 2018 des élections aux seuls  plans national et provincial. Soit en définitive, l’élection des députés provinciaux, des gouverneurs des provinces, et des sénateurs ainsi que celle des députés nationaux et du président de la République. Mais, comme en 2011 pour des élections au niveau provincial, le gouvernement central ne cesse, depuis 2015, d’invoquer le manque des moyens financiers pour tenir cet engagement.

 

Ainsi, le pays se retrouve-t-il devant une impasse pour le déblocage de laquelle le président de la République a cru nécessaire de proposer la convocation d’un dialogue politique devant réunir toutes les forces vives du pays en vue de trouver une solution adéquate permettant de sortir de cette impasse.

 

Cependant, cette proposition ne rencontre pas l’unanimité de la classe politique congolaise. La plupart des partis de l’opposition ainsi que de nombreuses associations de la société civile refusent de prendre part à cette concertation. Devant ce blocage, et surtout ses conséquences – probablement très désolantes - dans l’évolution future du Congo-Kinshasa, on assiste à une profusion de réactions, notamment sur le plan international, réactions traduisant le plus souvent le souci de préserver d’évidents intérêts mercantiles tirés de notre pays.

On ne saurait, toutefois, perdre de vue que le Congo-Kinshasa demeure en Afrique ce pays qui n’a jamais connu de paix réelle depuis sa création en 1885. Ce qui, pour une raison ou une autre, inquiète sérieusement de nombreuses organisations politiques tant internationales que nationales. Après la proclamation de son indépendance formelle en 1960, et comme dans des pays voisins issus de la colonisation belge : le Burundi et le Rwanda, les conflits politiques ont toujours été très sanglants dans notre pays, et particulièrement, lorsqu’ils ont été l’œuvre des puissances étrangères. 

Qu’on se souvienne des massacres des populations congolaises entre 1870 (début des guerres de pénétration coloniale menées par Henry Morton Stanley et autres) et 1920 (année de retour des soldats congolais de la Force Publique (armée coloniale) revenus de la Première guerre mondiale, particulièrement de l’Empire allemand de l’Est-Africain, la colonie allemande dont faisait partie le Rwanda-Urundi).

Ces massacres (25 millions de morts entre ces dates) étaient dus, non seulement à ces guerres, mais surtout à la nouvelle forme de l’esclavagisme : le colonialisme ou la traite négrière sur place, et qui s’est concrétisée par l’exploitation systématique et éhontée des populations congolaises qui connut son apogée avec le « caoutchouc rouge » sous la férule du roi des Belges Léopold II, proclamé souverain de l’EIC (Etat Indépendant du Congo, 1885-1908) par la Conférence de Berlin (1884-1885), et de l’Etat belge qui a pris sa succession à la tête du Congo Belge (1908 à 1960).

Qu’on se souvienne surtout de récents massacres à grande échelle (aujourd’hui, plus de 8 millions de morts) que continuent de perpétrer dans notre pays - depuis le 2 août 1998 -, les armées de l’Ouganda et du Rwanda (le Burundi - alors sous la férule du major Buyoya, était de mèche avec eux au début -, l’ayant cessé en 2002) ainsi que des forces armées de prétendues organisations rebelles congolaises instrumentalisées à outrance par ces deux Etats, et cela à l’instigation des puissances esclavagistes internationales. 

Aussi aujourd’hui, tant l’Organisation des Nations-Unies (ONU), l’Union Européenne (UE), l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), l’Union Africaine (UA) que, principalement entre autres pays, les Etats-Unis d’Amérique (USA), la France, la Belgique, et le Royaume Uni de Grande Bretagne, pourraient avoir raison de s’alarmer davantage, et de manifester leurs préoccupations et grandes inquiétudes devant le blocage de la situation politique au Congo-Kinshasa. Bien que cela, le plus souvent, par hypocrisie.

 

Cette appréhension s’appuie, toutefois, sur de nombreux avis émis dans des publications  qui évoquent des situations liées au futur de notre pays. La plus intéressante parmi ces publications demeure celle parue en 2012 et traduite en français en 2013 : « Le monde en 2030 vu par la CIA » (Editions « J’ai lu » - Paris 2013). Certaines des prévisions de cette publication se sont déjà avérées exactes, notamment, la débâcle budgétaire de l’Arabie Saoudite, et la baisse de la croissance économique en Chine.

Œuvre du NIC (National Intelligence Council), une cellule de veille et d’intelligence économique de la CIA (Central Intelligence Agency), l’agence civile des renseignements des Etats-Unis d’Amérique, cette publication a peint en noir l’avenir de l’Afrique sub-saharienne dans tous les domaines de l’activité sociale au cours des vingt prochaines années. Elle fait figurer la RDC parmi les pays du Tiers-Monde actuellement instables qui le resteraient encore jusqu’en 2030 (Le Monde en 2030, op cit. pg 99). La RDC n’y figure même pas comme un pays de démocratie intermédiaire vulnérable ou en gestation (ibid. pg 183).

Cependant, cet ouvrage n’est qu’un rapport de prospective préparé par cette cellule à l’intention du gouvernement des Etats-Unis d’Amérique auquel il est adressé, comme de  coutume, pour lui indiquer les grandes tendances – froidement perçues - de l’évolution du monde jusqu’en 2030, ou l’état que présenterait le monde à cette échéance.

Il ne décrit pas les décisions à prendre, ni les  actes à poser en conséquence, et, notamment, par exemple, des décisions relatives à l’attitude des Etats-Unis d’Amérique devant la montée de la puissance économique de la Chine, qui deviendrait effectivement la première puissance économique du monde en 2030, ou pour éviter le déclin des puissances occidentales, soit en définitive, la débâcle - devant cette montée -, de cet Occident demeuré maître du monde depuis le 15ème siècle de l’ère chrétienne jusqu’à nos jours.

C’est à travers les décisions que prennent ou préconisent des officiels et autres notables occidentaux à tous les niveaux de prise de décisions, particulièrement ceux des Etats-Unis d’Amérique, qu’on pourrait déceler les actions planifiées – donc, à poser - par les gouvernements de ces pays à travers tous leurs organismes. Et notamment, les actions particulièrement planifiées pour contrer, sinon ralentir la montée en puissance de la Chine avant son affirmation. Il en serait de même de toutes les autres actions prévues pour la réalisation des décisions arrêtées.                                                                                                                                                                              

 

Quoiqu’il en soit, s’agissant de notre pays, on a vu le président des Etats-Unis d’Amérique, l’Africain-Américain Barack Obama prendre, le 8 juillet 2014, « le décret exécutif 13671 instaurant des mesures supplémentaires pour répondre à l’urgence nationale en ce qui concerne le conflit en RDC.» Ce décret envisageait essentiellement des mesures de rétorsion que prendraient les Etats-Unis d’Amérique à l’encontre de tous ceux qui – Congolais ou étrangers ; personnes physiques ou morales – entraveraient le processus de démocratisation en RDC.                                                                                                                                                           Toutefois, dans cette lancée, la Commission des Affaires étrangères du sénat des Etats-Unis d’Amérique - l’institution politique chargée, entre autres, de suivre l’évolution des relations extérieures de ce pays avec le reste du monde, et d’en donner un avis, souvent péremptoire -, a auditionné, le 10 février 2016, les membres de sa délégation dépêchée en RDC après leur retour. Ci-dessous la teneur de cette audition après traduction en français de l’extrait vidéo :

«  SÉNATEUR EDWARD MARKEY :

Merci beaucoup monsieur le président, la semaine dernière, j’ai envoyé une lettre au Secrétaire Kerry exprimant ma profonde préoccupation concernant la situation en RDC. En particulier les tentatives du président Kabila de retarder les élections et de rester au pouvoir au-delà du délai fixé par la Constitution de la RDC. Comme je l’ai écrit dans ma lettre, le président Kabila a joué un rôle important, dans le passé de la RDC, de la guerre à une stabilité relative. Mais, le même progrès est maintenant menacé par son intention apparente de défier la constitution de son pays. Cette apparente tentative de subvertir la constitution semble faire partie d’une tendance croissante dans laquelle le gouvernement du président Kabila se sent libre de défier les lois de la RDC.                                                                                                                                                                                 Nous l’avons vu fermer l’espace politique, répressions violentes, la fermeture de médias. Nous avons également vu la suspension générale par le gouvernement, de visas de sortie pour les enfants adoptés — par le biais du système judiciaire de la RDC — par les familles américaines. Dans ma lettre j’ai souligné, la nécessité que vous puissiez persuader le président Kabila à aller de l’avant avec les élections présidentielles de la RDC, comme l’exige la Constitution. Je crois qu’il est essentiel que nous puissions clairement et sans équivoque communiquer les trois points suivants au président Kabila.

(1) Il doit immédiatement, clairement et publiquement dire qu’il ne restera pas au pouvoir une fois que son mandat se termine cette année.                                                                                                                                                          (2) A condition que les progrès sur le terrain vers une élection nationale libre et équitable cette année soit vérifiables, y compris mettre un terme aux efforts courants visant à fermer l’espace politique et réprimer la dissidence pacifique, les Etats-Unis et les partenaires internationaux vont aider à financer le processus électoral.                                                                                                                                                                                                               (3) S’il n’arrive pas à satisfaire les critères clairs qui l’obligent à tenir des élections libres et démocratiques cette année, alors les États-Unis et d’autres partenaires mettront en œuvre des sanctions ciblées sur lui et son entourage.

Pouvez-vous commenter sur quelles actions l’administration est en train d’anticiper dans le cas où il ne permettrait pas la tenue  des élections libres et justes ?                                                                              

HONORABLE THOMAS  PERRILLELO

Merci sénateur Markey, la lettre a été certainement reçue et nous remercions encore une fois l’attention placée sur la région des Grands Lacs. Ceci est le moment, et j’entends ceci tout le temps des Congolais, ils apprécient le sens que les yeux du monde entier sont tournés sur leur pays.                                                    Je pense qu’il y a beaucoup de fierté lorsque nous parlons de notre propre politique sous le président Obama, en soulignant les dispositions de la constitution limitant la durée des mandats politiques. La réalité est que cela est la constitution du peuple congolais. C’est leur décision arrêtée massivement par référendum de soutenir la limite des mandats ; c’est leur position qu’ils soutiennent leur propre constitution et qu’ils ouvrent l’espace politique et adoptent le pluralisme. Et je pense qu’ils voient cela avec beaucoup de fierté, comme quelque chose qui a été forgé sur une période très difficile et brutale de plusieurs guerres et de la souffrance. Et je pense que le désir en ce moment est de ne pas être pour ou contre une personne, mais d’être pour un avenir meilleur et une meilleure constitution ; et je pense qu’il y a une forte appréciation que les États-Unis ont été là pour soutenir le peuple congolais et sa sincérité dans la défense de la constitution.  Comme l’a souligné la secrétaire d’Etat-adjointe Greenfield, nous avons poursuivi une variété d’incitations positives et négatives en regardant la situation de la RDC, et en communiquant clairement et en avance qu’il y aura des conséquences, si certaines mesures sont prises pour saper la démocratie et saper la sécurité. Nous avons vu la volonté du gouvernement américain de le faire au Burundi, en sanctionnant à la fois les membres du gouvernement pour des actes d’oppression et ainsi que les membres de l’opposition.

Dans le cas de la RDC, comme je le disais, nous avons déjà l’ordre exécutif 13671 qui nous donne la possibilité de tenir compte de ces actions.

L’espoir est toujours là ; ceci va être une occasion historique pour le gouvernement, l’opposition et d’autres de trouver un moyen de se réunir pour déterminer la voie à suivre. Mais les enjeux sont si élevés en termes de souffrance humaine potentielle, tant pour le Congo, mais aussi, pour la composante régionale inévitable de par la dynamique de la RDC. Nous voulons faire autant que nous pouvons, avant que cela ne devienne une crise.                                                                                                                                                                                 

SENATEUR EDWARD MARKEY :

Ma préoccupation est qu’il est évident que Kabila le fait malgré qu’il comprenne à quel point les États-Unis vont s’abattre sur lui et ses acolytes : sur lui personnellement, et sur ses acolytes personnellement, pour que lui devienne un symbole de reproche international. Et, il doit comprendre clairement que nous avons un plan en place qui lui sera imposé et que nous ne resterons pas sur la ligne de touche sur cette question.

En mars 2015, 400 corps ont été retrouvés enterrés dans une partie rurale du pays. Le Human Right Watch a suggéré que certains des corps étaient ceux des individus qui étaient morts lors de protestation antigouvernementale sur une proposition visant à retarder les élections présidentielles de 2016. Les deux stations de télévision qui ont été fermées appartiennent à un ancien gouverneur de la province du Katanga qui est connu comme un opposant politique fort du gouvernement. Et donc, il y a une progression claire en ce qui concerne ce qui se passe dans ce pays. Il y a une longue histoire malheureuse dans ce pays. Est-ce que les Etats Unis se sont engagés à prendre une action forte dans le cas où Kabila continuerait en fait dans la voie où il progresse ?

HONORABLE LINDA THOMAS- GREENFIELD (Secrétaire d’Etat-adjointe aux Affaires africaines) :

Absolument sénateur, nous sommes engagés. Nous avons utilisé tous les leviers diplomatiques au plus haut niveau pour faire comprendre à Kabila l’importance pour lui de se mettre de côté. Il est inhabituel qu’il reçoive un appel du président [Obama] ; il a obtenu la visite du Secrétaire d'Etat Kerry. Nous l’encourageons à prendre la bonne décision et nous espérons qu’il prendra la bonne décision.                    La conséquence pour lui de prendre une mauvaise décision ; les conséquences horribles pour lui de prendre la mauvaise décision sont l’impact que cela aura sur son peuple du fait de vouloir diriger un pays qui est en train d’imploser autour de lui. Voir une telle situation se produire en RDC est beaucoup plus grand que ce que nous avons vu se passer au Burundi. Voilà donc la plus grande conséquence.          Mais en termes d’utilisation des outils à notre disposition pour appliquer des sanctions, il n’y a aucune hésitation à le faire.  Je pense que la chose importante est d’obtenir le support des autres pays dans la région pour nous soutenir dans cet effort. Cela est quelque chose sur laquelle nous travaillons également.  Le Président Kabila a déjà un héritage. Il a gardé ce pays relativement pacifique au cours des  dernières années. Cet héritage va être perdu. Sa réputation sera perdue s’il ne quitte pas normalement le pouvoir et ne laisse son pays progresser dans la voie de la démocratie.»

 

Dans sa chronique sur son site Mullings.com, un notable des Etats-Unis d’Amérique, Mr Rich Galen - réputé être un stratège politique de longue date qui a une vaste expérience dans l’aide au développement des processus démocratiques à l’étranger -, notait bien en juin 2015 : « (…) Il y a des signes que l’actuel président pourrait avoir d’autres plans. Selon la constitution du pays, les mandats de Kabila sont limités, et il ne peut pas se présenter aux élections pour un troisième mandat en tant que président. Cependant, il utilise les troubles persistants comme une excuse pour retarder les élections de 2016 et rester au pouvoir. Les forces de sécurité de l’Etat ont pris des mesures énergiques contre les manifestants. Cependant, les décideurs politiques à Washington devraient voir la République Démocratique du Congo (RDC) comme une occasion unique et importante pour promouvoir la démocratie, les possibilités économiques et la stabilité sur le continent africain.» 

« Les transitions pacifiques peuvent marcher en Afrique. En avril de cette année, le président du Nigeria, Goodluck Jonathan, fut défait après sa candidature à la réélection. Il appela immédiatement le vainqueur de l’élection, Muhammadu Buhari, accepta les résultats, et le félicita.

Ce fut un geste inhabituelle dans la politique africaine qui conduisit le président américain Barack Obama à appeler le président congolais Kabila pour lui dire qu’il n’avait pas manqué de rétablir l’Etat de droit, et la primauté d’une constitution nationale écrite et mise en œuvre.

L’administration Obama tente de conduire la RDC dans la bonne direction. Le Secrétaire d’Etat John Kerry a promis 30 millions $ pour aider un processus électoral transparent et crédible. Ceci pourrait demander beaucoup plus. Un engagement solide des États-Unis pourrait aider à accroître le soutien de l’Union européenne et les agences internationales, et ainsi priver Kabila de l’excuse que le pays n’est tout simplement pas prêt pour une élection libre, juste et ouverte pour la présidence.

« Les Etats-Unis peuvent jouer un rôle indispensable en aidant la République Démocratique du Congo à assumer sa juste place en tant que puissance politique et économique de premier plan sur le continent africain. (…) Les Etats-Unis doivent aider la République Démocratique du Congo à atteindre la hauteur de son Nom.  La RDC présente aux États-Unis une occasion importante de promouvoir la démocratie et la primauté du droit en Afrique. Les gouvernements légitimes qui ont le soutien du peuple peuvent être un rempart contre l’instabilité et des perturbations économiques que les terroristes et les extrémistes sont aptes à exploiter. »

« La RDC est un grand pays de 77 millions de personnes qui chevauche l’équateur et pourrait avoir les dépôts de minerais les plus riches en Afrique ou même dans le monde. »

« Un Congo politiquement stable serait beaucoup plus attrayant pour les investissements de l’extérieur, en particulier dans le secteur minier (le cuivre, le cobalt, l’or, les diamants, le coltan, le zinc, l’étain et le tungstène) et l’agriculture (le café, le sucre, l’huile de palme, le caoutchouc, le thé, le coton, le cacao, et les produits du bois.) »

Toutefois, dans la même chronique, Mr Rich Galen avait ajouté : « Contrairement à la Chine, qui est en train de faire des percées économiques en RDC et dans d’autres pays africains, les Etats-Unis ont une histoire longue et sont fiers de promouvoir la démocratie dans le monde entier. »

 

Cependant, l’histoire des Etats-Unis d’Amérique, depuis qu’ils existent en 1776, ne s’illustre pas objectivement dans la promotion de la démocratie quelque part dans le Tiers-Monde. Bien au contraire, à partir du 19ème siècle – la « doctrine Monroe » le confirme -, les Etats-Unis d’Amérique sont toujours intervenus politiquement (par des coups fourrés orchestrés, de nos jours, par la CIA, entre autres, des coups d’Etat militaire) et militairement dans des pays aujourd’hui du Tiers-Monde pour y imposer des tyrannies. 

Dans notre pays, alors, Congo-Léopoldville, les Etats-Unis d’Amérique y sont toujours intervenus depuis la proclamation de son indépendance en 1960 : coups d’Etat militaire en septembre 1960 pour instaurer le néocolonialisme, et novembre 1965, pour le renforcer ; en collaboration avec l’armée belge, intervention militaire aéroportée sur Stanleyville, à partir du 24 novembre 1964, pour contrer la Révolte muleliste. En Afrique, il faudrait noter le soutien militaire actif et massif à l’organisation réactionnaire angolaise UNITA (Union Nationale pour l’Indépendance Totale de l’Angola) de 1975 à 2002, etc.

L’ouvrage « Le monde en 2030 vu par la CIA, op cit. pg 72 » reconnaît volontiers que nombreux sont des commentateurs (ayant reçu ce rapport pour l’apprécier) qui ont relevé que les Etats-Unis ont été plus des instigateurs des conflits que des garants de la sécurité et de la paix dans le monde.

Mais, comme le rapporte encore l’ouvrage « Le monde en 2030, op. cit. », la région extrême-orientale (notamment Chine, Japon, et Corée du Sud) resterait ou deviendrait l’une des plus développées du monde au cours des vingt prochaines années. Mais, ce développement serait toujours tributaire d’une très forte importation des matières premières, notamment, des hydrocarbures, et des minerais. 

Et s’agissant de la RDC, Mr Rich Galen a relevé dans son éditorial que c’est  « un grand pays (…) qui pourrait avoir les dépôts de minerais les plus riches en Afrique ou même dans le monde. » De cette considération, on pourrait affirmer que les esclavagistes occidentaux n’apprécieraient jamais de la même façon la percée économique de la Chine au Congo-Kinshasa que dans d’autres pays africains.

Néanmoins, il y aurait lieu de se rappeler que depuis 2006, année de la proclamation par le président Joseph Kabila de la volonté du gouvernement congolais de réaliser le programme des Cinq chantiers – le plein emploi, avec toutes ses conséquences, en était l’un -, notre pays est souvent cité dans la plupart des pays occidentaux pour être celui qui pourrait, avec ses matières premières, contribuer grandement à l’affirmation de cette puissance économique de la Chine.

Bien avant l’écrit du notable Rich Galen, les institutions financières de Bretton Woods (FMI et Banque Mondiale) ont stigmatisé « l’accord sino-congolais » de 2005 permettant l’octroi à la RDC par la Chine d’un prêt de 9 milliards de dollars dont une partie (4 milliards) devait être allouée à la Gécamines pour lui permettre de relancer ses activités minières en veilleuse depuis plus d’une décennie.

Le FMI et la Banque Mondiale ont exercé un chantage permanent sur le gouvernement congolais en proférant la menace d’annuler toute possibilité d’accession de la RDC au statut de PPTE (ou de son érection en PPTE : pays pauvre très endetté) qui permettrait d’effacer une grande partie de sa dette extérieure. Une dette qui demeurera toujours un objet de controverses, et un grand sujet à caution. Le FMI et la Banque Mondiale ont fini par imposer au gouvernement congolais la réduction du montant de ce prêt en écartant, à bon escient - la logique impérialiste, dont cette institution est la gardienne, récuse, par principe, tout véritable développement du Tiers-Monde dominé -, les quatre milliards prévus pour la Gécamines, étant entendu qu’une bonne partie de la somme restante (3 milliards d’US dollars) devait servir à couvrir le financement de l’octroi  du statut PPTE par le paiement des arriérés sur le montant du service de la dette extérieure.

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