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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 06:43

Où va le Congo-Kinshasa ?

Par MULEMBA  MAKUBI,  Jean-Baptiste

Député national honoraire

Combattant de la Libération

Compagnon de la Longue Marche.

 

1   Prologue.

 

S’il n’est pire maladie que l’ignorance,

il ne saurait  être pire calamité que la résignation.

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Il est nettement établi que l’histoire ne se répète pas tant les faits ne se déroulent jamais – avant et après - dans le même contexte, ni, suivant les mêmes circonstances. Cependant, « l’histoire restera un éternel recommencement tant que l’on n’aura pas pris garde sur les enseignements qu’elle nous a livrés ou prodigués. » C’est ce que nous révèle l’évolution historique de l’humanité. Aussi, « si tu ne sais appréhender ton futur, jette un regard sur ton passé », enseigne-t-elle une maxime africaine.

En fait, l’histoire, c’est, en soi, l’enseignement de tout ce qui s’est déroulé sur notre planète depuis des   temps immémoriaux. Ce passé peut être récent – hier, avant-hier - ou ancien – naguère, jadis. Mais, s’agissant de l’évolution des sociétés humaines, l’histoire rappelle toujours à l’humanité de nombreux faits sociaux, et ceci, dans le souci d’attirer son attention sur ceux dont la répétition pourrait générer des  conséquences désastreuses, néfastes, ou pénibles.

Les Aztèques, peuple amérindien précolombien (d’avant-Christophe Colomb), notamment dans l’actuel Mexique, n’avaient jamais cessé de rappeler que «quiconque méconnaît son passé est condamné à le vivre sans cesse.»  Candidat à la présidence de la république en 2006, le progressiste mexicain Lopez Obrador, sans doute, un des leurs descendants, apporterait une nette précision à cette considération : « un peuple qui   n’a pas de conscience historique vivra sans cesse ce qu’il a vécu de tragique.»    

 

Aussi, en vue d’éviter de probables désagréments, les êtres humains, mus par leur conscience historique, et organisés au sein de vrais Etats, prévoient-ils toujours leur futur, ou précisément, le futur de l’évolution historique du monde en  prenant en considération son passé. Cela se fait méthodiquement sur la base de l’objectivité, en ne prenant en compte que des faits tels qu’ils se déroulent ou tels qu’on les observe, tels qu’on les  appréhende, sans passion, sans nuances dues à de saugrenues interprétations tendancieuses motivées par des intérêts particuliers.

Dans son ouvrage « La Raison dans l’Histoire », le philosophe allemand Hegel clamait au 19ème siècle : « L’Afrique ne fait pas partie de l’évolution historique du monde.» Son contemporain, l’écrivain français Victor Hugo, lui a emboîté le pas dans son « Discours sur l’Afrique » en affirmant : « L’Afrique n’a pas d’histoire.»

Pourtant, tant Hegel - qui nourrit la pensée occidentale jusqu’à nos jours : voyez le discours du président français Nicolas Sarkozy à Dakar en 2007 -, que Victor Hugo n’ignoraient pas que l’Egypte pharaonique se trouvait en Afrique, et que l’histoire de l’humanité n’a pas commencé en ce 15ème siècle après Jésus Christ qui consacre dans cette histoire l’ère de l’exode massif des Européens en dehors de leur continent, et du sacre de la domination de l’humanité par l’Occident ou le monde européen.

Mais ces deux illustres penseurs européens refusaient simplement d’admettre une vérité : l’esclavage de traite institué en Afrique par les Européens à partir du 15ème siècle y a annihilé toute forme de pensée vivifiante, et, ainsi, elle a généré, depuis lors, l’immobilisme des sociétés africaines. Historiquement, leurs deux écrits n’ont eu comme principal objectif que d’inciter leurs congénères à les suivre dans leur égotisme.

La réalité est tout autre : depuis le 15ème siècle, du fait de l’esclavage qui se perpétue jusqu’à nos jours -  fondamentalement, l’esclavage se caractérise par la non-rétribution du labeur fourni par autrui -, l’Africain ne participe plus à l’évolution historique du monde. Il ne contribue plus, comme acteur, à l’évolution historique de l’humanité, et il subit, comme simple spectateur - et cela, très passivement -, cette histoire façonnée principalement par des nations de souche européenne. Et le plus souvent, contre lui.

« Malheur aux vaincus » est cet adage rendu évident après cette « Guerre des Gaules » qui a définitivement sacralisé Jules César dans l’Histoire de l’Humanité. Aussi, le problème serait-il aujourd’hui de savoir ce que font ces vaincus dans leur malheur. S’activent-ils à s’en tirer à bon compte ou s’y enfoncent-ils davantage du fait des gesticulations débridées ou d’un activisme puéril sur le plan politique ? 

 

Toutefois, l’Histoire de l’Humanité n’a jamais été écrite par les vaincus. Ni, à fortiori, à leur gloire. Tout compte fait, rien n’est tracé en avance. Les hommes font leur propre histoire, mais celle-ci n’est pas faite par des sceptiques. Et donc, en définitive, par des résignés. Cependant, l’Histoire de l’Humanité n’arrête pas sa course. Elle la poursuit inexorablement. 

SUITE...

 

 

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  • : Congo Panorama. Le blog du soldat du peuple: Par Antoine Roger Lokongo, le Soldat du Peuple engagé dans la bataille des idées pour un Congo meilleur. Un Congo qui s'assume et devient un parténaire clé de la Chine, hier un pays sous-développé, qui, en un lapse de temps, a changé son destin en comptant sur ses propres efforts et devenu une puissance.
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